Luiz Inácio Lula da Silva a remporté dimanche le second tour de la présidentielle au Brésil avec 51,79 % des suffrages, contre 48,21 % pour Flávio Bolsonaro. Cette victoire, moins évidente que ne le laissaient espérer les sondages et les résultats du premier tour, constitue un soulagement pour les organisations environnementales. Celles-ci redoutaient qu’une arrivée au pouvoir du fils de Jair Bolsonaro ne remette en cause les avancées obtenues dans la protection de l’Amazonie notamment.
Lula da Silva a déjoué les pronostics en inversant une tendance qui semblait favorable à son adversaire. Alors que Flávio Bolsonaro était arrivé en tête au premier tour, avec environ 47 % des voix contre 45 %, et avait pris une légère avance dans les sondages, le président sortant de gauche a finalement remporté la présidentielle au second tour ce dimanche avec 51,79% des suffrages exprimés, contre 48,21% pour son rival d’ultradroite. La participation, passée d’environ 79 % au premier tour à près de 81 % au second, a sans doute pesé dans la balance.
Un grand soulagement chez les ONG après la victoire de Lula au Brésil
La réélection du leader du Parti des travailleurs permet au Brésil de maintenir sa souveraineté face aux États-Unis de Donald Trump, grand soutien de Flávio Bolsonaro. Pour les défenseurs de l’environnement, le résultat représente un grand soulagement. Greenpeace Brésil a salué une victoire pour la démocratie et la poursuite des engagements en faveur de l’Amazonie et de la lutte contre le changement climatique.
« C’est un immense soulagement pour nous tous qui luttons au Brésil contre la crise climatique et la disparition de l’Amazonie. Nous allons pouvoir continuer de travailler avec le président Lula pour atteindre l’objectif zéro déforestation. », a réagi auprès de Reporterre le climatologue brésilien Carlos Nobre, spécialiste de la forêt amazonienne.
Lula a réduit considérablement la déforestation en Amazonie
Le quatrième mandat de Lula, qui débutera en janvier 2027, devrait ainsi permettre de poursuivre les politiques engagées depuis son retour au pouvoir en 2023. L’enjeu est particulièrement important pour la forêt amazonienne, essentielle au stockage du carbone et à la régulation du climat mondial. Pendant sa campagne électorale, Lula da Sila s’est fixé comme objectif d’atteindre zéro déforestation d’ici à 2030. Sous son gouvernement, la déforestation cumulée a diminué de 71,2 % en quatre ans par rapport à la présidence de Jair Bolsonario (père de Flávio), selon les données citées par les agences nationales et onusiennes.
La nouvelle victoire de Lula au Brésil ne garantit pas à elle seule la poursuite des progrès observés en matière environnementale
Cette évolution repose notamment sur le rétablissement des contrôles, le recours à la surveillance satellitaire, l’application de sanctions et le renforcement des dispositifs de protection. La politique écocide de Jair Bolsonaro, dont le mandat courrait de 2019 à 2023, avait été marquée par un affaiblissement des mesures environnementales et une hausse importante de la déforestation.
Le retour au pouvoir de Lula l’avait stoppée net. Toutefois, sa nouvelle victoire ne garantit pas à elle seule la poursuite des progrès observés. Le président écologiste reste confronté à des contradictions entre ses ambitions environnementales et ses objectifs socio-économiques. Son soutien à l’exploration pétrolière à l’embouchure de l’Amazone ainsi qu’à l’exploitation des terres rares suscite des inquiétudes.
Une forte opposition au Parlement, qui pourrait freiner les initiatives environnementales du prochain gouvernement
L’exploitation des ressources naturelles représentent des opportunités économiques pour réduire la pression sociale, mais elle peut entrer en conflit avec les objectifs climatiques et la préservation des écosystèmes. L’agriculture intensive, l’orpaillage, les incendies et les sécheresses constituent également des menaces persistantes. Par ailleurs, le rapport de force politique représente un autre obstacle.
En effet, le Parti libéral de Flávio Bolsonaro dispose d’une représentation importante au Congrès, où les conservateurs restent influents. Cette majorité pourrait freiner les initiatives environnementales du prochain gouvernement. Cependant, une opposition au Parlement vaut mieux qu’un pouvoir aux mains d’une droite ultra capitaliste. C’est l’avis de Suely Araujo, de l’Observatoire du climat, qui estime qu’une victoire de Flávio aurait pu affaiblir, voire détruire, les politiques existantes.
