Illustration d'un véhicule rechargeant sur l'autoroute tout en roulant.

Honda prépare une autoroute capable de recharger les véhicules électriques en roulant à 150 kW

La révolution des véhicules électriques se poursuit. Honda et ses partenaires japonais développent une technologie permettant de recharger les VE sans fil pendant qu’ils roulent à une puissance maximale de 150 kW. Le projet doit déboucher sur des essais en conditions réelles sur l’autoroute E14 Tateyama, dans la préfecture de Chiba, à partir de l’exercice fiscal japonais 2027. Il pourrait permettre notamment de réduire les besoins en batteries des poids lourds. Son coût et les perspectives de commercialisation restent toutefois à déterminer.

Alors que l’avenir de l’automobile s’écrit en électrique, les constructeurs rivalisent d’ingéniosité pour donner toutes ses chances à cette motorisation. Honda et ses partenaires japonais Taisei et Taisei Rotec annoncent développer une technologie permettant de recharger les véhicules électriques sans fil pendant qu’ils roulent. Révélé le 5 octobre 2026, le projet doit déboucher sur des essais en conditions réelles sur l’autoroute E14 Tateyama, dans la préfecture de Chiba (près de Tokyo), à partir de l’exercice fiscal japonais 2027, qui commence le 1er avril.

Honda intègre des bobines et des modules émetteurs à la chaussée

Le système en question vise une puissance maximale de 150 kW. Il repose sur des bobines et des modules émetteurs intégrés à la chaussée, qui transmettent de l’électricité par couplage magnétique à un récepteur installé sous les véhicules compatibles. Cette recharge dynamique sans fil, appelée DWPT (Dynamic Wireless Power Transfer), doit permettre aux voitures de récupérer de l’énergie sans s’arrêter ni se brancher à une borne. Honda travaille sur cette technologie depuis 2021 et collabore avec Taisei et Taisei Rotec depuis 2025. Le constructeur nippon développe les éléments d’émission et de réception, tandis que Taisei et Taisei Rotec s’occupent respectivement du système d’alimentation et de l’intégration dans la route.

Une technologie conçue pour résister au passage répété de véhicules lourds d’environ 20 tonnes

Honda revendique une conception particulière dans laquelle chaque module enterré regroupe l’onduleur et la bobine dans un seul bloc alimenté en courant continu. Cette architecture doit simplifier le câblage et faciliter l’installation sur des chaussées existantes, après fraisage, sans nécessiter leur reconstruction complète. Les modules sont également conçus pour résister au passage répété de véhicules lourds d’environ 20 tonnes. Sur une piste d’essai privée, les trois partenaires ont déjà vérifié la résistance du dispositif à de telles charges.

Honda a programmé une série de tests en 2027

Une nouvelle phase d’évaluation est prévue à la fin de 2026 sur une piste d’essai à Tamura, dans la préfecture de Fukushima. Elle doit permettre notamment de mesurer la durabilité du système sur l’équivalent d’un million de passages de roue, avec une charge de 49 kN par roue, soit environ cinq tonnes, et de contrôler les éventuelles fuites de champs électromagnétiques.

Les partenaires doivent ensuite poursuivre les essais de puissance et de fonctionnement à vitesse élevée. Prévue à partir de l’exercice fiscal 2027, la démonstration sur route publique se fera sur un tronçon d’environ 300 mètres de l’E14 Tateyama Expressway, près de l’aire de repos de Kimitsu (préfecture de Chiba), avec l’exploitant autoroutier NEXCO East.

Honda s’intéresse d’abord aux poids lourds

Le projet vise en priorité les camions et les bus, dont les batteries volumineuses augmentent le poids et réduisent la charge utile. Une recharge régulière en roulant pourrait permettre de diminuer le nombre de cellules nécessaires, tout en facilitant les trajets longue distance. À terme, les voitures particulières pourraient également en bénéficier. Toutefois, le déploiement suppose d’équiper les routes et les véhicules, et de définir les conditions économiques de cette infrastructure. Son coût et les perspectives de commercialisation restent d’ailleurs à déterminer.

La technologie n’est pas entièrement nouvelle

Si elle semble révolutionnaire, la technologie n’est pas entièrement nouvelle. En France, Vinci Autoroutes et l’entreprise israélienne Electreon ont testé en octobre 2025 un dispositif similaire sur 1,5 kilomètre de l’A10, à Angervilliers, dans l’Essonne. Des mesures de l’université Gustave Eiffel ont enregistré une puissance moyenne supérieure à 200 kW, avec des pointes dépassant 300 kW. Le système de Honda vise donc une puissance moindre, mais repose sur des modules conçus par le constructeur lui-même.

Une solution complémentaire aux bornes rapides sur autoroutes et à la recharge à domicile

Grâce à ce système, Honda espère faire de la recharge en mouvement une solution complémentaire aux bornes rapides sur autoroutes et à la recharge à domicile, dans le cadre de son objectif de neutralité carbone à l’horizon 2050. Présentée au Japan Mobility Show Bizweek, du 13 au 16 octobre 2026, cette technologie doit encore démontrer sa fiabilité et sa viabilité économique. Aucun calendrier de commercialisation n’a été annoncé, pas plus qu’un projet de déploiement en France ou dans le reste de l’Europe.

Auteur de l’article : EcoloBizz

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