Diabète de type 2 et surpoids : un régime riche en fibres montre des résultats encourageants

Plus que les médicaments, une alimentation enrichie en fibres pourrait améliorer le contrôle du diabète de type 2 et favoriser la perte de poids, selon une étude menée par des chercheurs chinois et publiée dans la revue Frontiers in Microbiology. Après 84 jours de suivi, les participants ayant adopté ce régime présentaient de meilleurs résultats sur plusieurs indicateurs métaboliques que ceux traités par la metformine, un médicament couramment utilisé contre cette maladie. Ces travaux soulignent notamment le rôle du microbiote intestinal dans la régulation de la glycémie et du poids corporel.

Le diabète de type 2 est une maladie chronique caractérisée par une hyperglycémie chronique (taux trop élevé de sucre dans le sang). Il représente aujourd’hui environ 90 % de tous les cas de diabète dans le monde. Les traitements médicamenteux disponibles sont oraux ou injectables, comme les biguanides (metformine) et les inhibiteurs du SGLT2 (Gliflozines : Jardiance, Forxiga, etc.). Mais il existe aussi des mesures hygiéno-diététiques, proposées en première intention : une alimentation équilibrée et une activité physique régulière.

Une alimentation enrichie en fibres pourrait améliorer le contrôle du diabète de type 2

En Chine, des chercheurs de Shanghai et de Zhengzhou se sont intéressés à l’option alimentaire, en particulier les aliments riches en fibres. Grâce à des essais, ils sont parvenus à la conclusion qu’une alimentation enrichie en fibres pourrait améliorer le contrôle du diabète de type 2 et favoriser la perte de poids. Publiée dans la revue Frontiers in Microbiology le 2 octobre 2026, leur étude suggère qu’une intervention nutritionnelle ciblée pourrait constituer une approche complémentaire intéressante pour lutter contre l’association du diabète de type 2 et du surpoids. Parfois désignée sous le terme de « diabésité », cette combinaison augmente les risques de complications cardiovasculaires, d’hypertension, de maladies du foie et d’autres pathologies chroniques.

48 adultes récemment diagnostiqués du diabète de type 2 ont participé à l’étude

Pour explorer leur nouvelle stratégie de prise en charge, les chercheurs chinois ont étudié 48 adultes récemment diagnostiqués, répartis entre deux groupes : 36 participants ont suivi un régime riche en fibres sans médicament hypoglycémiant, tandis que 12 autres ont reçu de la metformine. Au total, 46 personnes ont terminé l’essai. Le régime proposé privilégiait les légumes, les fruits, les produits à base de soja, les champignons et les algues. Il était également complété par différentes sources de fibres solubles et insolubles, notamment issues du blé, de l’avoine, de l’orge et de l’inuline.

L’IMC était inférieur dans le groupe ayant suivi un régime riche en fibres

Les résultats obtenus après 84 jours montrent que le groupe suivant cette alimentation affichait un taux d’hémoglobine glyquée (HbA1c) de 6,3 %, contre 6,7 % chez les participants traités par metformine. Cet indicateur permet d’évaluer le niveau moyen de glycémie sur plusieurs semaines. L’indice de masse corporelle (IMC) était également inférieur dans le groupe alimentaire, avec 28,4 kg/m² contre 30,2 kg/m². Une variabilité glycémique plus faible, une masse grasse réduite et des concentrations de triglycérides plus basses ont aussi été observées.

L’alimentation riche en fibres avait favorisé certaines bactéries bénéfiques

Les chercheurs chinois se sont ensuite intéressés au microbiote intestinal, composé de milliards de micro-organismes participant au fonctionnement de l’organisme. Dès le 28e jour, l’alimentation riche en fibres avait favorisé certaines bactéries bénéfiques, notamment les Bifidobacterium et les Lactobacillus, tout en réduisant la présence de Bilophila wadsworthia, associée à des phénomènes inflammatoires. Les analyses ont aussi révélé des modifications de gènes microbiens impliqués dans la production d’acétate et de sulfure d’hydrogène. L’acétate, issu de la fermentation des fibres, pourrait notamment contribuer à la régulation de la satiété et à l’amélioration de la sensibilité à l’insuline.

De nouveaux essais nécessaires pour confirmer les bénéfices du régime sur le diabète de type 2

Toutefois, les auteurs de l’étude soulignent que ces résultats restent préliminaires. Leurs travaux portent sur un nombre limité de participants, avec un groupe traité par metformine particulièrement réduit, et leur durée ne permet pas d’évaluer les effets à long terme. Les différences observées nécessitent donc d’être confirmées par des recherches plus vastes. Cette étude ouvre néanmoins des perspectives intéressantes en matière de prévention et de prise en charge nutritionnelle. En attendant de nouveaux essais de confirmation, toute modification d’un traitement antidiabétique doit être discutée avec un professionnel de santé.

Auteur de l’article : EcoloBizz

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