Restauration de la nature : Paris a présenté à Bruxelles son plan national, avec un peu de retard

La France a transmis mercredi à Bruxelles sa feuille de route pour la restauration de la nature d’ici 2050. Évalué à 2 milliards d’euros par an, ce plan permettra de rétablir les écosystèmes sur terre comme en mer. Mais il devra d’abord être finalisé d’ici septembre 2027, après avis de l’Autorité environnementale et du public, ainsi que le retour de la Commission européenne.

Face à la dégradation des écosystèmes et au déclin de la biodiversité, l’Union européenne a adopté, en juin 2024, un règlement visant à restaurer la nature d’ici à 2050. Ce texte impose aux États membres de mettre en place des mesures de remise en état sur au moins 20 % des terres et des espaces marins de l’Union avant 2030. Après plusieurs mois de travaux, la France a transmis, le 9 octobre 2026, sa feuille de route à la Commission européenne avec un léger retard sur l’échéance fixée au 1er septembre 2026.

Le plan de restauration de la nature comprend les actions envisagées, les objectifs à atteindre et les moyens nécessaires

Ce document présente les actions envisagées par la France, les objectifs à atteindre et les moyens nécessaires pour restaurer ses écosystèmes endommagés. Il prévoit des interventions adaptées aux différents types de milieux naturels, en s’appuyant largement sur des stratégies et des programmes déjà existants. Au niveau des écosystèmes agricoles, l’État compte accompagner la transition agroécologique sur quatre millions d’hectares d’ici à 2030, notamment par la réduction de l’utilisation des pesticides et des engrais minéraux, le développement de l’élevage extensif et la plantation de haies. Il souhaite également augmenter la diversité des paysages agricoles, enrayer le déclin des pollinisateurs sauvages et améliorer les populations d’oiseaux communs.

Forêts et milieux aquatiques concernés

Concernant les forêts, le plan comprend des mesures de restauration de cinq millions d’hectares d’ici à 2030. Les actions porteront sur l’adaptation des forêts au changement climatique, la diversification des essences, la prévention des incendies et la promotion d’une gestion forestière durable. La feuille de route s’intéresse aussi aux milieux aquatiques et humides. Elle prévoit la restauration des cours d’eau, des zones humides et des habitats aquatiques dégradés. Il s’agira de recréer au moins 15 913 hectares de cours d’eau et 19 526 hectares de zones humides. La suppression de plus de 1 700 obstacles à l’écoulement des rivières figure également parmi les mesures annoncées. Certains objectifs, comme ceux liés aux rivières à courant libre et aux tourbières drainées, restent à préciser lors de la prochaine révision en 2031.

Les espaces urbains également ciblés

Un autre point essentiel du plan de la France touche aux écosystèmes marins, qui doivent bénéficier de mesures de restauration sur environ 66 700 hectares d’habitats marins et de recréation de 9 500 hectares d’habitats. La feuille de route planche en outre sur la préservation des habitats naturels protégés, dont les dunes et les landes. Ces milieux font l’objet d’objectifs spécifiques. Le gouvernement n’a pas oublié les espaces urbains. Ainsi, le plan entend préserver les espaces verts et le couvert arboré, tout en évitant leur diminution nette dans les communes concernées. La mise en œuvre de ces mesures reposera notamment sur le réseau Natura 2000, les collectivités territoriales et une coordination entre l’État et les régions. Quant à leur suivi, il reviendra notamment aux comités régionaux de la biodiversité et aux instances territoriales.

Les ONG environnementales pas entièrement satisfaites du plan de restauration de la nature présenté par la France

Malgré la diversité des objectifs annoncés, plusieurs associations environnementales restent sur leur faim. Elles estiment que le plan rassemble principalement des mesures déjà engagées dans le cadre de stratégies nationales existantes. Les organisations s’interrogent également sur la cohérence entre les objectifs de restauration et certaines décisions susceptibles de favoriser la dégradation des milieux naturels. Enfin, elles émettent un doute sur le financement de ce programme (2 milliards d’euros par an), à l’heure des économies et des réductions de budget. Le plan de restauration doit encore être évalué par l’Autorité environnementale (Ae) et la Commission européenne, et soumis à des consultations avant sa finalisation prévue en septembre 2027.

Auteur de l’article : EcoloBizz

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