Vivre plus longtemps ne tente pas les Français

Vivre plus longtemps, à quoi bon ? Les Français sont majoritairement hostiles à l’allongement de la durée de vie. Selon un sondage Odoxa pour Le Figaro Magazine et Buchet Chastel, 56 % d’entre eux ne souhaiteraient pas vivre au-delà de 150 ans, même en bonne santé. Aussi, 71 % considèrent qu’un allongement extrême de la vie serait une mauvaise chose pour l’humanité.

La Bible nous raconte que les premiers patriarches de l’Humanité ont vécu très longtemps, comme Abraham (mort à 175 ans) et surtout Mathusalem (969 ans). Mais depuis ces temps primordiaux, l’espérance de vie ne cesse de décliner, malgré les avancées scientifiques et médicales. En dépit de cette courbe descendante, les patrons de la Silicon Valley nous promettent une hausse majeure de l’espérance de vie au cours des prochaines décennies, grâce aux progrès de l’intelligence artificielle, de la génétique et de la bio-ingénierie. Certains se sont même mis à rêver à l’éternité, croyant pouvoir vaincre la mort.

La majorité des Français pensent que nous ne pourrons pas vivre plus longtemps qu’aujourd’hui

S’ils ont foi en la science dans de nombreux domaines, les Français ne se font pas d’illusion pour ce qui concerne la longévité. La majorité d’entre eux pensent que nous ne pourrons pas vivre plus longtemps qu’aujourd’hui. Ils ne trouvent d’ailleurs aucun sens à vivre quelques décennies de plus au-delà de 100 ans, même en bonne santé. C’est ce qui ressort d’un sondage Odoxa pour Le Figaro Magazine et Buchet Chastel, publié le vendredi 15 mai à l’occasion de la publication du livre Vivre 1000 ans de Laurent Alexandre et Alexandre Tsicopoulos.

Plus de la moitié des Français ne souhaitent pas vivre plus longtemps

Selon cette enquête réalisée sur Internet les 6 et 7 mai 2026, sur un échantillon de 1.005 adultes, 56% des Français n’ont aucun désir de vivre après 150 ans, même en pleine forme. Cette conviction est plus forte chez les 65 ans et plus : seulement 33% souhaitent atteindre 150 ans en bonne santé. Cette catégorie d’âge est suivie des 18-24 ans (43%), des 50-64 ans (45%) et des 25-34 ans (47%).

Quant aux 35-49 ans, 54% voient d’un bon œil la perspective de vivre au-delà de 150 ans, sûrement parce qu’ils se projettent davantage que les autres sur leur progéniture plus nombreuse. Pour ce qui concerne les classes sociales, les cadres sont 53% à espérer vivre encore longtemps et les ouvriers 46% à le souhaiter. Toutes catégories confondues, 18 % des sondés considèrent que vivre plus de 150 ans représenterait une perte de sens de la vie.

La fontaine de Jouvence ne fait plus rêver

Par ailleurs, la plupart des Français pensent que l’Humanité n’a pas les moyens de prolonger la vie jusqu’à 150 ans. Seuls 0,5% des sondés croient que l’espérance de vie dépassera ce seuil, grâce aux progrès conjoints de l’IA et de la médecine.

Probablement plus raisonnables, 33% imaginent que l’on vivra en moyenne plus de 90 ans, alors que l’espérance de vie actuelle s’établit à 85,3 ans pour les femmes et 79,4 ans pour les hommes en France, selon les données de l’INSEE. Ces chiffres montrent que la perspective d’une vie indéfiniment extensible ne fait pas beaucoup rêver. Trois quarts des sondés (71 %) y voient même un cauchemar pour l’humanité, anticipant trop d’effets indésirables …

Vivre plus longtemps n’est pas sans conséquences pour l’Humanité

Parmi les principales craintes émises par les sondés figurent la surpopulation mondiale à venir (56%), une hausse du coût du vieillissement général pour l’ensemble de la société, des retraites à la santé en passant par une potentielle dépendance (53%). Près d’un tiers des personnes interrogées (31%) s’inquiètent d’une dégradation de la qualité de vie pour le plus grand nombre et redoutent des inégalités d’accès aux traitements (24 %). Si 36 % des Français souhaitent que les technologies de ralentissement de la vieillesse soient accessibles à tous et gratuits, 49 % préfèrent leur interdiction pure et simple afin d’éviter des dérives (ou une inégalité devant la mort) !

Le vieillissement ne peut être réparé comme un simple « bug » informatique

Cette prudence des Français face à l’allongement de la vie tranche avec l’optimisme béat des patrons de la tech. Ces derniers espèrent sans doute pouvoir vendre leurs technologies chimériques…Certains technophiles y croient pourtant, comme Laurent Alexandre et Alexandre Tsicopoulos. Dans leur ouvrage Vivre 1000 ans, ils défendent avec enthousiasme l’idée que l’intelligence artificielle pourrait transformer profondément la médecine et envisagent le vieillissement comme un problème biologique potentiellement « réparable » pour les futures générations.

Ce que contestent plusieurs scientifiques, avec une pointe de pessimisme. Le prix Nobel de chimie Venki Ramakrishnan, notamment, rappelle que le vieillissement est un phénomène biologique d’une immense complexité, qui ne peut être réduit à un simple « bug » informatique à corriger. Idem pour la mort, qui fait partie de la vie. L’une et l’autre répresente les deux faces de l’existence.

Auteur de l’article : EcoloBizz

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