Peine de mort : pour Emmanuel Macron, les exécutions n’ont jamais dissuadé

À l’occasion d’un congrès mondial organisé à Paris cette semaine, Emmanuel Macron a lancé un cri de cœur contre la peine de mort. Le président français a dit déplorer la hausse du nombre d’exécutions dans le monde et les projets de rétablissement de la peine capitale dans plusieurs pays. Selon lui, cette sentence ultime n’a jamais dissuadé et n’a jamais rendu notre société plus sûre.

Paris a accueilli, du mardi 30 juin au jeudi 2 juillet 2026, le 9e congrès mondial contre la peine de mort, sur fond de résurgence des exécutions dans plusieurs pays. En effet, si 114 Etats ont aboli la peine capitale, 47 continuent de la pratiquer à travers le monde, et quelques-uns souhaitent la relancer. En France, le débat a resurgi dernièrement avec les meurtres de la petite Lyhanna et du jeune Louis. D’après un sondage de l’institut CSA pour CNEWS, Europe 1 et le JDD, publié le lundi 14 juin, plus des deux tiers (68 %) des Français sont favorables à un référendum sur le rétablissement de la peine de mort pour les crimes qui touchent les enfants.

« La bataille pour l’abolition (…) est éminemment contemporaine »

Dans ce contexte, Emmanuel Macron estime à juste titre que « rien n’est acquis », 45 ans après l’abolition de la peine de mort en France. « La bataille pour l’abolition (…) est éminemment contemporaine parce qu’aujourd’hui, dans nos sociétés, ce débat revient », a déclaré le chef de l’État au 9e Congrès mondial contre la peine de mort à Paris. Le président français déplore l’augmentation des exécutions et s’inquiète des projets de rétablissement de cette sentence dans plusieurs pays, notamment en Israël et dans les pays de l’AES (Burkina Faso, Mali et Niger). Il dit espérer que « les cours suprêmes en indépendance et en conscience auront à juger ».

La peine de mort « peut être une arme », mais jamais la solution

Selon Emmanuel Macron, « la peine de mort n’a jamais eu la valeur dissuasive que certains pouvoirs souvent autoritaires qui la défendent voudraient lui accorder ». S’il reconnaît que cette sanction radicale « peut être une arme », il considère qu’elle ne peut être « un bouclier » et qu’« elle n’a jamais rendu une société plus sure ». Le locataire de l’Elysée va plus loin, en jugeant que nous n’avons pas le droit de retirer la vie à un être humain, quoi qu’il ait fait, et que ce principe constitue un « fondement de toutes nos sociétés démocratiques ».

Emmanuel Macron se réjouit des réformes visant à réduire le recours à la peine de mort

Se disant profondément attaché à la vie et aux droits humains, Emmanuel Macron se félicite de l’abolition récente de la peine de mort dans certains pays comme la Zambie et le Zimbabwe. Il se réjouit aussi des réformes visant à réduire le recours à la peine capitale dans d’autres pays depuis le dernier congrès mondial contre la peine de mort, qui s’est tenu à Berlin en 2022. « Ces décisions nous rappellent qu’aucune fatalité n’attache durablement un peuple à la peine de mort et que l’abolition n’est pas un idéal lointain », a déclaré le président de la République.

Nul ne peut retirer une vie qu’il n’a pas donnée

Le Secrétaire général de l’ONU, António Guterres, a également reconnu, dans un message vidéo adressé aux participants du 9e congrès contre la peine de mort à Paris, que « Le mouvement vers l’abolition universelle progresse ». Il ajoute : « de plus en plus de pays s’engagent à mettre définitivement fin à cette pratique cruelle. Mais ces progrès ne peuvent être tenus pour acquis. Ils exigent vigilance, courage et une détermination constante ». Comme les dirigeants mondiaux, les défenseurs des droits estiment que la peine de mort n’est pas une justice, mais un assassinat prémédité et légalisé. Quant aux mouvements chrétiens, ils y voient un crime contre Deu. Selon eux, seul le « Créateur » peut ôter la vie selon ses desseins.

Auteur de l’article : EcoloBizz

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