Après un mois de juin d’extrême chaleur, les Écologistes ont déposé jeudi à l’Assemblée nationale une motion de censure contre le gouvernement pour sa mauvaise gestion de la canicule et plus globalement pour son inaction climatique. Signé par 58 députés – 32 Écologistes, 25 Insoumis et un Socialiste – le texte devrait être examiné lundi après-midi au Palais-Bourbon. Mais il a peu de chance d’être adopté car le Rassemblement national (RN), plus grand groupe d’opposition, ne le soutient pas.
Les députés Écologistes ont déposé, le jeudi 2 juillet, une motion de censure contre le gouvernement pour dénoncer sa mauvaise gestion de la canicule de juin et son inaction climatique en général. Signé par 58 députés – 32 Écologistes, 25 Insoumis et un Socialiste – le texte devrait être examiné lundi 6 juillet à partir de 14 heures au Palais-Bourbon. D’après Cyrielle Chatelain, la cheffe de file des Écologistes à l’Assemblée nationale, qui avait eu un échange houleux avec le Premier ministre dans l’hémicycle mercredi, il vise à « mettre la pression sur ce gouvernement qui, aujourd’hui, est irresponsable ».
La motion de censure fait plusieurs reproches au gouvernement Lecornu
Dans leur motion de censure, les députés du groupe Écologistes accusent le gouvernement de Sébastien Lecornu « d’impréparation » face à la canicule et de n’avoir pas écouté le Giec qui « alerte depuis des années sur l’augmentation de la fréquence et de la gravité des vagues de chaleur ». Le jugeant « à rebours de ces alertes », ils lui reprochent aussi d’avoir aggravé « méthodiquement les vulnérabilités du pays en coupant les budgets de l’adaptation, en affaiblissant les opérateurs publics chargés de nous protéger et en poursuivant des politiques d’aménagement et d’agriculture incompatibles avec la réalité du changement climatique ».
« Nous ne pouvons-nous résoudre à compter nos morts. »
En outre, les élus Écologistes blâment l’exécutif de n’avoir pas fait un tas d’autres choses pourtant nécessaires. Notamment de n’avoir pas établi un conseil scientifique comme lors de la crise du Covid-19, de n’avoir pas mis en place des mesures exceptionnelles, notamment pour l’adaptation du code du travail pour protéger les salariés, de n’avoir pas débloqué un fonds d’urgence ou encore de n’avoir pas annoncé de plan d’investissement massif en faveur du climat.
« D’autres vagues de chaleur arrivent. Nous ne pouvons-nous résoudre à compter nos morts. », préviennent les députés, alors qu’un premier bilan des autorités fait état d’au moins un millier de morts en France pendant la canicule de juin (plus de 10 000 selon les Écologistes).
Le prochain gouvernement devra investir massivement dans l’atténuation et l’adaptation au réchauffement climatique
Plus largement, la motion de censure s’attaque à l’inaction climatique du gouvernement. Elle pointe des projets « inutiles » comme l’autoroute A69, et des mesures à rebours des alertes du Giec, telles que les coupes dans les budgets de MaPrimeRénov’ et du fonds vert. Le texte dénonce aussi les lois favorisant l’agriculture industrielle et le gaspillage de l’eau, à l’image de la loi Duplomb, ou encore les attaques contre certains opérateurs de l’État, dont l’Office français de la biodiversité (OFB).
Face à autant d’impairs, les députés Écologiste estiment que le prochain gouvernement « devra absolument faire sien l’impératif d’investir sincèrement et massivement dans l’atténuation et l’adaptation au réchauffement climatique ». Ils recommandent de présenter dès maintenant un projet de loi de finances rectificatif et de lancer de grands chantiers comme la rénovation thermique des bâtiments, la végétalisation et l’adaptation de la production agricole.
La motion de censure a peu de chance d’aboutir
Mais, pour pouvoir renverser ce gouvernement, la motion de censure – la huitième visant Sébastien Lecornu depuis son arrivée à Matignon – aura besoin des voix de 289 députés. Ce qui inclut obligatoirement les élus du Rassemblement national, plus grand groupe d’opposition à l’Assemblée nationale. Or son vice-président Sébastien Chenu a déclaré mercredi qu’il « ne va pas rendre service à Cyrielle Chatelain ». Selon le député du Nord, « le vrai rendez-vous, motion de censure ou pas, c’est plutôt la rentrée avec le budget », sur lequel le parti d’extrême droite « ne s’interdit rien ».
