Prix et marges des produits bio : la filière réclame plus de transparence

Début juillet, la Fnab, la Forebio et le Synabio ont demandé à lever le voile sur les prix et marges des produits bio. Les trois organisations rappellent que le prix reste le premier frein à la consommation de ces aliments. Elles appellent aussi à objectiver la répartition réelle de la valeur entre producteurs, transformateurs et distributeurs.

L’Observatoire de la formation des prix et des marges des produits alimentaires (OFPM) a publié son rapport 2026 le 9 juillet dernier. À l’occasion de cette parution, trois organisations de l’agriculture biologique ont appelé à « lever le voile » sur les produits bio. Il s’agit de la Fnab (Fédération nationale d’agriculture biologique), du Synabio (syndicat des entreprises bio agroalimentaires) et de la Forebio (Organisations économiques de producteurs bio). Dans un communiqué commun, elles pointent des « limites persistantes de la transparence des prix et des marges » sur les produits bio.

Le prix demeure le premier frein à la consommation des produits bio

La Fnab, le Synabio et la Forebio dénoncent principalement des données trop parcellaires pour expliquer les différences de prix entre produits biologiques et conventionnels. Or, soulignent les organisations, le prix demeure le premier frein à la consommation de ces aliments sains. Pour faire comprendre le problème, elles s’appuient sur plusieurs travaux récents, dont ceux de l’économiste Olivier Mevel, de l’UFC-Que Choisir et de la commission d’enquête sénatoriale sur les relations commerciales.

Ces rapports ont mis en évidence des écarts importants dans le partage de la valeur au sein de certaines filières bio. Selon l’UFC-Que Choisir, en particulier, la marge pratiquée sur les fruits et légumes bio dans les grandes surfaces est en moyenne 81 % plus élevée qu’en conventionnel.

Les produits bio subventionnent la malbouffe en France

De son côté, la commission d’enquête sénatoriale sur les relations commerciales évoque un mécanisme de péréquation des marges. En effet, les enseignes appliquent des marges très faibles, voire nulles, sur les produits d’appel (aliments ultra-transformés de grandes marques, vendus en masse) et les compensent par des bénéfices très élevés sur d’autres produits. Comme les MDD, les petites marques nationales et surtout les rayons frais, au premier rang desquels se trouvent les fruits et légumes. Autrement dit, les produits les plus sains ou bio subventionnent la malbouffe en France !

Mieux répartir la valeur entre les acteurs de la filière

Face à ce constat, les représentants de la filière bio appellent à objectiver la répartition de la valeur entre producteurs, organisations économiques, transformateurs et distributeurs. Ils réclament aussi une amélioration des méthodologies de collecte et d’identification des données relatives aux produits biologiques pour mieux les comparer avec leurs équivalents conventionnels. P

ar ailleurs, les organisations recommandent d’élargir les travaux de l’OFPM à des produits « représentatifs de la consommation bio ». Comme les œufs, la farine, la viande fraîche (steak haché) et les charcuterie (jambon). Aujourd’hui, seuls 6 produits sur 33 font l’objet d’un suivi spécifique en bio dans le rapport 2026.

Auteur de l’article : EcoloBizz

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