Recyclage des plastiques : TotalEnergies rachète les parts de Plastic Energy dans l’usine de Grandpuits

Dans le cadre de la restructuration du capital de Plastic Energy, TotalEnergies a racheté la participation de la société britannique dans l’usine de recyclage chimique de Grandpuits (Seine-et-Marne) pour en devenir l’unique propriétaire. Démarré en mars 2026, ce site dispose d’une capacité de 15 000 tonnes par an de traitement de déchets plastiques. L’opération d’acquisition intervient dans une phase de consolidation du secteur du recyclage chimique européen, marqué par plusieurs défaillances d’entreprises spécialisées.

TotalEnergies a annoncé le rachat de la participation de 35 % détenue par l’entreprise britannique dans l’usine de recyclage chimique de Grandpuits (Seine-et-Marne). Le groupe énergétique français, qui possédait déjà 65 % de cette installation, en devient ainsi l’unique actionnaire. Il n’a donné aucun détail financier sur cette opération, qui intervient dans le cadre de la restructuration de son partenaire d’Outre-manche.

Plastic Energy placée sous administration judiciaire en mai 2026

Confrontée à des problèmes de trésorerie, Plastic Energy avait été placée sous administration judiciaire en mai 2026. Un plan de restructuration et de cession d’actifs a été ensuite élaboré pour sauver le groupe, avec la possibilité de céder des brevets. En août, après la sortie de la procédure de redressement, son fondateur Carlos Monreal a repris son poste de directeur général pour assurer la pérennité de l’entreprise. Plastic Energy a connu des problèmes dans un contexte difficile pour le secteur du recyclage chimique dans son ensemble, marqué par la volatilité des prix des polymères vierges et une incertitude réglementaire persistante.

TotalEnergies sauve une installation industrielle jugée stratégique pour la filière française du recyclage avancé

En reprenant l’intégralité du capital de Plastic Energy, TotalEnergies devient actionnaire unique de l’usine. Le groupe énergétique évite surtout qu’une installation industrielle jugée stratégique pour la filière française du recyclage avancé ne se retrouve entre les mains d’un acteur étranger. Leader du recyclage chimique en Europe, Plastic Energy dispose d’un procédé breveté de pyrolyse sans oxygène et sous pression opéré dans l’installation d’Île-de-France depuis la signature d’un partenariat en 2020. Après les difficultés rencontrées ces derniers mois, l’entreprise considère cette période comme un tournant décisif pour elle et l’industrie. « La technologie de base a atteint sa maturité, les capacités industrielles ont été éprouvées et la demande du marché continue de croître. », assure la société.

Un procédé de pyrolyse qui consiste à chauffer les déchets à haute température sans oxygène

Mise en service en mars 2026, l’unité de Grandpuits transforme les déchets plastiques issus des ménages français, notamment ceux qui échappent aujourd’hui aux filières classiques de recyclage mécanique et finissent enfouis ou incinérés, en une huile synthétique par un procédé de pyrolyse. Celui-ci consiste à chauffer les déchets à haute température sans oxygène (aux alentours de 450°C). L’huile de synthèse produite sert de matière première pétrochimique pour la fabrication de plastiques recyclés répondant à des normes strictes, notamment pour des usages alimentaires et médicaux. Ce que le recyclage mécanique traditionnel peine à faire.

TotalEnergies sécurise l’approvisionnement du site avec Citeo et Paprec

En 2023, TotalEnergies a signé un accord avec deux partenaires français, Citeo et Paprec, pour garantir l’approvisionnement long terme de l’unité en déchets plastiques. L’énergéticien profite de cette intégration verticale, de la poubelle jaune jusqu’à la matière recyclée de qualité industrielle, pour construire une filière nationale complète. Il évite ainsi l’importation de technologies ou de matières premières recyclées. Outre l’usine de Grandpuits, le procédé de Plastic Energy est également déployé commercialement sur une plateforme chimique de Chemelot, aux Pays-Bas, par le biais d’une joint-venture avec la société britannique (23,76 %) et Sabic (76,24 %).

Auteur de l’article : EcoloBizz

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