Annoncé fin juin en pleine canicule, le plan de rénovation thermique des écoles ne bénéficiera finalement pas du montant initialement prévu, de 136 millions d’euros. Le gouvernement a décidé de l’amputer de 40 millions d’euros, a annoncé le directeur du programme Actee, chargé d’accompagner les collectivités pour l’efficacité énergétique. Le plan ne couvrira donc plus 10.000 écoles, mais 2.500 établissements.
Fin juin, en plein épisode caniculaire, le gouvernement avait annoncé un plan de rénovation thermique des écoles doté de 135 millions d’euros, financé par l’électricien EDF (à hauteur de 60%), la Banque des territoires, la Banque postale et le programme Action des collectivités territoriales pour l’efficacité énergétique (Actee). Mais le montant sera réduit de 40 millions d’euros, selon le directeur d’Actee, Guillaume Perrin, interviewé par l’AFP le vendredi 4 septembre 2026.
Le plan de rénovation thermique couvrira finalement 2.500 écoles au lieu de 10.000
Si le plan visait au départ la rénovation thermique d’un peu plus de 10.000 écoles, il prendra finalement en charge 2.500 établissements. Aussi, l’utilisation du nouveau montant se limitera désormais au financement d’audits énergétiques. Pour Guillaume Perrin, « c’est un regret par rapport à l’enjeu du plan de canicule ». Il pense « à toute la souffrance des enfants et des enseignants qui a pu être exprimée pendant les deux canicules qui ont eu lieu en pleine période scolaire ».
Le gouvernement assure qu’« il n’y a pas de baisse d’ambition dans ce plan »
Interrogé par l’AFP, le ministère de l’Éducation nationale a confirmé l’information donnée par Guillaume Perrin. Mais il assure qu’« il n’y a pas de baisse d’ambition dans ce plan » et que « l’objectif de mieux armer les écoles les plus vulnérables pour faire face aux canicules à venir reste inchangé ». La rue Grenelle n’a pas donné les raisons de la réduction de l’enveloppe initialement prévu. Toutefois, un spécialiste du secteur estime que ce choix peut s’expliquer par le besoin de faire des économies, à l’approche des discussions sur le projet de loi des finances 2027.
La Banque des territoires va augmenter sa contribution pour le plan de rénovation thermique des écoles
En réponse à la décision du gouvernement de réduire l’enveloppe, la Banque des territoires a revu à la hausse sa contribution budgétaire au plan, sans donner de montant. Elle souhaite réaliser au moins 2.500 audits complémentaires, en plus des 2.500 déjà en cours de recensement. D’après l’institution financière, environ 2.000 dossiers pour 4.000 écoles ont été déposés depuis le 8 août. De son côté, EDF a annoncé débloquer 80 millions d’euros, dont 40 millions pour financer des équipements de rafraîchissement rapidement disponibles dans les écoles, et les 40 autres pour accompagner des projets de rafraîchissement plus structurels.
Un Fonds vert jugé insuffisant par les collectivités
Notons que certaines écoles bénéficient déjà du financement du Fonds vert, une aide de l’État qui soutient les collectivités locales et leurs partenaires dans leurs investissements pour la transition écologique à l’échelle locale. Mais plusieurs communes craignent de ne pas pouvoir poursuivre les rénovations énergétiques des écoles et des bâtiments sans le plan de rénovation thermique promis par le gouvernement. Du côté de l’exécutif, en quête active d’économies, on pense plutôt à renforcer le plan d’électrification de la France, qui prévoit 10 milliards d’euros annuels pour réduire sa dépendance aux énergies fossiles.
