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Nord : NeoCem veut décarboner le béton des ciments

Neocem, une jeune entreprise cimentière nordiste, ambitionne de décarboner les ciments, avec une calcination « ultra-rapide » de l’argile. Elle recycle plus précisément les argiles issues des chantiers de construction, un déchet jusque-là peu valorisé, pour en faire un liant bas carbone. Baptisé NeoFlash, ce matériau se substitue en partie au clinker, le composant principal du ciment dont la fabrication émet le plus de CO₂. La société a levé 17 millions d’euros en juillet pour doubler sa capacité de production actuelle.

Le ciment est l’un des principaux composants du béton, avec le sable, le gravier et l’eau. Il demeure à ce jour le matériau manufacturé le plus utilisé au monde, derrière l’eau et devant le pétrole. Mais ce liant représente environ 8 % des émissions mondiales de CO₂ de la planète. Cette pollution provient majoritairement du clinker, un mélange d’argile et de calcaire, constituant essentiel du ciment (77%).

Remplacer le clinker du ciment pour le décarboner

Face à la pollution générée par leurs activités, les cimentiers se sont engagés à réduire de 45 % leurs émissions carbonées dès 2030 et de 50 % en 2032 par rapport à 2015. Pour se faire, ils disposent de diverses solutions, dont la capture du carbone, une technologie toujours en cours de développement et très onéreuse. Ils peuvent aussi choisir de remplacer le clinker du ciment. La fabrication de ce produit nécessite la calcination de calcaire, un procédé très énergivore (1 450 °C) et émetteur de CO2. Tout le processus (cuisson et chimie) relâche 860 kilos de carbone pour une tonne de ciment produite en moyenne (530 kilos pour le seul clinker).

Neocem promet un liant cimentier extrêmement performant et peu émetteur de CO₂

Neocem, une jeune entreprise cimentière nordiste, a opté pour cette seconde méthode. Créée en 2021 après, après environ sept ans de recherche et développement au sein du groupe Neo-Eco, elle décarbone le ciment avec une calcination « ultra-rapide » de l’argile. La société utilise de l’argile usagée, sortie de chantiers locaux, puis la fait chauffer à 750 °C pendant cinq secondes seulement. Baptisée NeoFlash, cette argile calcinée forme un liant cimentier extrêmement performant et peu émetteur de CO₂. La formulation finale se compose de 50 % de clinker au grand maximum, 35 % d’argile recyclée et 15 % de filler calcaire bas carbone.

La technologie de Neocem rejette de l’eau et non du dioxyde de carbone

NeoCem promet moins de 95 kg de CO₂ par tonne de ciment produite, contre plus de 820 kg pour un ciment traditionnel. De plus, la technologie à l’œuvre rejette de l’eau, et non du carbone, lors de la réaction par déshydroxylation. « Là où la calcination classique s’effectue dans des fours rotatifs, notre argile est séchée, broyée et pulvérisée pour créer un « nuage » de poudre d’argile dans un flux d’air. », explique Christophe Deboffe, président et cofondateur de Neocem avec Benjamin Constant. « Nous contrôlons la densité de l’argile, la température d’exposition et la vitesse. Le temps de calcination est de l’ordre de quelques secondes. », ajoute le dirigeant.

La décarbonation du ciment donnera un coup de pouce à la lutte contre le réchauffement climatique

Neocem souhaite maintenant passer à une autre échelle. Après avoir réuni 23 millions d’euros en 2024 afin de financer la construction de sa première unité industrielle à Saint-Maximin, dans l’Oise, l’entreprise a levé 17 autres millions en juillet dernier. Objectif : doubler sa capacité de production actuelle et se démultiplier par le biais de joint-ventures.

Christophe Deboffe croit que la décarbonation du ciment donnera un coup de pouce à la lutte contre le réchauffement climatique et rendra un service insoupçonné à la planète. « Les objectifs de deux degrés maximum de réchauffement supplémentaires des Accords de Paris de 2015 seraient atteints si le ciment mondial était complètement décarboné », assure-t-il.

Auteur de l’article : EcoloBizz

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