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Métiers : en Chine, les robots aussi ont leur école d’apprentissage

À Hangzhou, dans l’est de la Chine, une « école » pour robots a ouvert récemment. Cet établissement d’un nouveau genre forme des humanoïdes aux compétences pratiques dans des domaines tels que l’industrie manufacturière, les soins de santé ou encore les services à domicile. À leur sortie, les apprenants pourront plus facilement intégrer le monde professionnel.

Depuis plusieurs mois, la Chine bluffe le monde entier dans le domaine de la robotique. Ses startups rivalisent d’ingéniosité pour sortir des prototypes qui savent courir, faire des acrobaties, de la boxe ou encore des chorégraphies. Si ces capacités (qui restent à améliorer) pourront servir dans le monde du divertissement ou dans le domaine de la sécurité, le véritable défi reste de rendre ces machines vraiment pratiques, pour les personnes et les industries.

Une « école » pour robots ouvre en Chine pour une formation professionnelle

« La prochaine étape pour ce secteur ne consistera pas tant à démontrer qu’un robot peut marcher qu’à prouver qu’il est capable d’effectuer des tâches utiles sur le plan économique », confirme Kangyuxiao Li, analyste chez Morningstar à Singapour. Et cela passe par l’apprentissage des métiers. Pour se faire, une « école » vient d’ouvrir à Hangzhou, dans la province chinoise du Zhejiang, à l’est de la Chine. Cet établissement atypique vise à former les robots, comme on forme des stagiaires humains. Cette formation leur permettra d’acquérir des compétences pratiques dans des domaines tels que l’industrie manufacturière, les soins de santé ou encore les services à domicile.

Plusieurs startups y testent et affinent leurs modèles

Gérée par l’université du Zhejiang (ZJU), cette « école » doit aider les entreprises à « progresser vers des applications concrètes », indique Zhao Han, directeur adjoint de l’institut à l’origine de cette structure. Elle reçoit en son sein plusieurs startups de la robotique soucieuses d’affiner leurs modèles. C’est le cas de Unitree, la vitrine chinoise dans le domaine de la robotique. L’entreprise basée à Hangzhou y teste son humanoïde Wuji, qui se décrit d’ailleurs comme un stagiaire. « Je suis encore en formation, donc je suis un peu nerveuse », a déclaré à l’AFP la machine avec une voix féminine.

L’école développe leurs capacités de perception, de compréhension de l’environnement et leurs performances motrices

De son côté, la société Hangzhou Big Data Cloud AI Technology Co., aussi connue sous le nom de BDCA Robotics, prépare des chefs cuisiniers. Dans une cuisine intelligente simulée, elle enseigne à ses robots une routine complète de restaurant : prendre les commandes, aller chercher les ingrédients, faire sauter un plat en trois à quatre minutes, dresser la table et ramasser la vaisselle déjà utilisée. Ces automates développent des capacités de perception, de compréhension de l’environnement, tout en travaillant leurs performances motrices, afin de mieux répondre aux besoins de futurs clients. Ils apprennent des humains, en observant et en reproduisant leurs gestes. Les ingénieurs affinent ensuite les logiciels pour parfaire leurs aptitudes.

Un certificat sera délivré aux robots à la fin de leur formation

Les robots stagiaires s’entrainent dans plus de 40 scénarios professionnels. Ceux-ci comprennent notamment des cuisines intelligentes, des entrepôts, des fermes, une mine, une usine et un domicile. Pour l’heure, l’école accueille une centaine d’«élèves». À la fin des cours, elle leur délivrera un certificat attestant de leur capacité à remplir une fonction spécifique, « un peu comme un diplôme pour un humain », précise M. Zhao.

Certains de ces humanoïdes deviendront probablement des ouvriers de chantiers, des employés d’usine, des agents de régulation du trafic ou encore des aides à domicile. Si la formation ouvre la voie à des robots toujours plus performants et capables d’intervenir dans un nombre croissant de secteurs, Unitree reconnaît qu’un déploiement commercial reste encore incertain en raison des progrès techniques à faire et des financements à lever. Mais l’inéluctable se profile à l’horizon : les machines remplaceront tôt ou tard les humains dans de nombreux secteurs d’activités.

Auteur de l’article : EcoloBizz

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