Pour la troisième année consécutive, des milliers de personnes ont défilé à Palma de Majorque pour protester contre le tourisme de masse. Les manifestants ont dénoncé une nouvelle fois la pollution, les nuisances et la pénurie de logements due à la surfréquentation de l’île espagnole. Des affrontements avec la police ont fait au moins huit blessés, suite à l’interdiction d’accès à une zone où un manifeste devrait être lu.
Après 2024 et 2025, Majorque a été le théâtre d’une nouvelle manifestation contre le surtourisme. Le dimanche 26 juillet, quelque 25 000 personnes ont défilé dans le centre-ville de Palma, la capitale de l’île espagnole, pour dénoncer les effets du tourisme de masse. Les organisateurs ont choisi cette date parce qu’elle se situe dans la période la plus touristique de l’année, entre fin juillet et début août.
Huit blessés dans des affrontements avec la police
La manifestation de dimanche a débuté dans le calme, au milieu de l’après-midi, sur la Plaza de España, avant de se poursuivre le long des principales artères du centre de Palma, telles que La Rambla, Calle Unió et Passeig del Born. Elle a dégénéré en affrontements avec la police, peu avant la tombée de la nuit, quand les forces de l’ordre ont empêché les protestataires d’accéder à une place où un manifeste devait être lu.
Certains participants à la marche ont pu franchir le cordon de sécurité constitué de barrières en plastique et pénétrer dans l’espace interdit. La police a alors fait usage de balles en caoutchouc pour contenir la foule. Ce qui a entraîné des affrontements au cours desquels au moins huit personnes ont été blessées, dont deux ont été hospitalisées.
Majorque connaît une pénurie de logements à cause de l’afflux massif de touristes
Les organisations à l’origine de la manifestation (associations environnementales, sociales et les syndicats) dénoncent l’essor du tourisme de masse ainsi que la multiplication des locations de vacances, qui aggraveraient la pénurie de logements sur l’île et dégraderaient la qualité de vie des habitants. Elles imputent également au surtourisme des problèmes tels que la pollution, les embouteillages, le bruit et la dégradation des espaces naturels. Pour régler les problèmes générés par la surfréquentation de l’île de Majorque, les collectifs réclament principalement une limitation du nombre de touristes pendant la période estivale.
Plusieurs mesures prises par le gouvernement de droite pour contrer le tourisme de masse
En dépit de ses efforts, le gouvernement des îles Baléares, présidé par Marga Prohens (du Parti populaire, droite ou centre-droit), n’a pas pu résoudre le problème du surtourisme. Il a notamment instauré des restrictions d’accès aux îles en voiture particulière, interdit les appartements touristiques et régulé le nombre de navires de croisière dans le port de Palma de Majorque. Les autorités ont également mis en place un Pacte social et politique pour la durabilité. Ce forum de débat social et économique était censé permettre de dégager un consensus sur l’avenir du tourisme aux Baléares.
Majorque accueille par an un nombre de touristes 15 fois plus important que sa population
Mais cette initiative n’a pas permis d’adopter des mesures significatives pour endiguer le surtourisme à Majorque et les autres îles des Baléares (Minorque, Ibiza et Formentera), très prisées des Allemands et des Britanniques. Plusieurs organisations participantes de ce Pacte social se sont retirées, estimant que le gouvernement Prohens instrumentalise cet organe pour se soustraire à toute décision susceptible d’impacter l’avenir du secteur. Pour se défendre, la présidente accuse les partis de gauche qui l’ont précédée de ne pas avoir fait ce qu’il fallait. En 2025, les îles Baléares ont accueilli près de 19 millions de visiteurs – un record – pour un archipel de 1,2 million d’habitants répartis sur quatre îles.
