On s’y attendait. L’Anses tire la sonnette d’alarme sur les défis pimentés, une pratique très en vogue sur TikTok. L’agence prévient que la consommation d’aliments très pimentés ou ultra-piquants pourrait provoquer des vomissements, des maux de ventre et des palpitations. Entre 2021 et 2025, les Centres antipoison ont recensé 124 appels liés à des intoxications à la capsaïcine, dont 40% sont survenus lors de challenges inspirés des réseaux sociaux.
Les réseaux sociaux sont remplis de défis en tout genre, parfois dangereux. C’est le cas des défis pimentés sur TikTok. Cette pratique consiste à manger des aliments très pimentés, sans boire ni recracher, le plus longtemps possible. Les adolescents sont ceux qui se prêtent le plus à ce jeu, qui n’est pas nouveau. Il existe au moins depuis 2023, avec le « One Chip Challenge ». Le principe a été popularisé par des programmes télévisés comme Hot Ones. Durant cette émission, les invités mangent des ailes de poulets enrobées de sauces très relevées. Surfant sur cette tendance, des marques alimentaires proposent désormais des kits de préparations ultra-piquantes.
L’Anses alerte sur les défis pimentés
Pourtant, cette pratique n’est pas sans risques, comme l’atteste l’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail (Anses) qui vient de lancer une alerte. L’organisme révèle qu’entre 2023 et 2025, les Centres antipoison ont recensé 124 appels liés à des intoxications à la capsaïcine, dont 40% sont survenus lors de défis inspirés des réseaux sociaux. La capsaïcine est le principe actif du piment, qui lui donne son goût piquant.
Sandra Sinno-Tellier, adjointe à la directrice des alertes et des vigilances de l’Anses, note que « cette molécule trompe le cerveau, lui fait croire que la température du corps augmente alors que c’est faux ». Elle indique également que la consommation exagérée de piments peut provoquer des bouffées de chaleur, des vomissements, des maux de ventre et des palpitations. « Il y a des risques que ça devienne plus grave, notamment si on mange de grandes quantités de piment et qu’on n’y est pas habitués. Les conséquences peuvent être des douleurs, voire un malaise dans certains cas. », ajoute la chercheuse.
Les défis pimentés ont provoqué le retrait de produits du marché européen
Pour calmer le feu dans la bouche, Sandra Sinno-Tellier conseille de ne surtout pas avaler d’eau car cela ne ferait qu’étaler la sensation de brûlure. Elle recommande plutôt de boire du lait, du yaourt ou de la crème glacée. La victime peut également manger des aliments riches en amidon, comme le pain, la pomme de terre et le riz, ou encore boire un peu d’huile de table.
Face aux dizaines de cas d’intoxication à la capsaïcine enregistrées ces dernières années, six produits alimentaires (chips, sauces, nouilles) ont été retirées du marché européen. Ils présentaient des risques pour la santé du fait de teneurs trop élevées en capsaïcine ou de leur étiquetage non conforme. Par l’ailleurs, l’Autorité européenne de sécurité des aliments (EFSA) a lancé une évaluation pour mieux comprendre les effets des piments sur la santé.
À petite dose, le piment présente de multiples bienfaits pour la santé
Originaire d’Amérique du Sud ou d’Amérique Centrale, le piment est très apprécié pour l’assaisonnement de nombreux plats et préparations culinaires dans le monde entier. Il y a plusieurs variétés, dont le piment d’Espelette, le piment rouge, le piment antillais et le piment de Cayenne. Ce fruit est composé de substances azotées, de cellulose, d’huile, d’eau, de sels minéraux et d’essence aromatique. Ses graines contiennent la capsaïcine, très utilisée en médecine et en santé naturelle, notamment pour la composition des compléments alimentaires minceur.
Intéressant sur le plan nutritionnel, le piment présente de multiples bienfaits pour la santé grâce à sa richesse en nutriments et en molécules aux vertus thérapeutiques (cuivre, calcium, fer, manganèse, magnésium, potassium…). Mais il ne faut pas en abuser pour éviter les brûlures et intoxications.
