Épidémie d’Ebola : le G7 au chevet de la RDC

Réunis en sommet à Evian, en France, les dirigeants du G7 ont appelé mardi « à une réponse forte et coordonnée » pour contenir l’épidémie d’Ebola en RDC. Ils souhaitent éviter une propagation planétaire, grâce à une stratégie efficace de prévention et de contrôle des infections. Pour l’heure, le nombre de cas confirmés s’élève à 808, dont 192 décès.

L’édition 2026 du sommet du G7, qui réunit les sept pays les plus industrialisés du bloc occidental, s’est tenue à Evian (France) du 15 au 17 juin. Si les conflits mondiaux et l’intelligence artificielle ont été au cœur des discussions, les dirigeants de ce club dit « des démocraties » ont également sonné la mobilisation contre l’épidémie d’Ebola, qui touche actuellement la RDC et dans une moindre mesure l’Ouganda voisine. « Nous, chefs d’État et de gouvernement du G7, appelons à une réponse forte et coordonnée pour faire face aux risques en matière de sécurité sanitaire que pose le retour », ont-ils déclaré dans un communiqué commun.

Près de 200 décès dus à Ebola en RDC depuis un mois

Le 15 mai 2026, l’Organisation mondiale de la santé (OMS) a déclaré une nouvelle épidémie d’Ebola en République démocratique du Congo (RDC), la 17e dans ce pays africain de plus de 100 millions d’habitants. Cette nouvelle infection est liée à la souche Bundibugyo, pour laquelle il n’existe ni vaccin, ni traitement homologué.

À la date du lundi 15 juin, le nombre de cas confirmés en RDC s’élevait à 808, dont 192 décès. Deux cas ont également été confirmés en Ouganda voisine depuis le 18 mai. En RDC, la situation s’avère d’autant compliquée que l’épicentre de l’épidémie se trouve dans l’est du pays, une région forestière difficile d’accès et en proie aux conflits armés.

Les dirigeants du G7 déterminés à mobiliser tous les moyens possibles pour endiguer la propagation d’Ebola

Dans leur déclaration commune publiée mardi, les dirigeants du G7 insistent sur l’urgence de prévenir une propagation planétaire. Selon eux, « contenir l’épidémie et y mettre un terme nécessitera un traçage efficace des cas contacts, la prévention et le contrôle des infections, des modalités de quarantaine et d’isolement, la réalisation de tests en laboratoire, la préparation transfrontalière, la surveillance des frontières et la mobilisation des populations ».

Pour atteindre ces objectifs, les dirigeants du G7 se disent « déterminés à mobiliser des moyens de soutien afin de faciliter la mise au point et la fourniture efficace de vaccins, de moyens de dépistage et de traitements spécialisés » au cours des prochains mois.

Prendre conscience c’est bien, mais il faut des actions concrètes

Si elles saluent la prise de conscience des dirigeants du G7 de l’urgence sanitaire, les ONG estiment que le plus important est d’agir. ONE France, une organisation mondiale qui lutte pour créer des opportunités économiques et améliorer la santé des populations en Afrique les invite à passer maintenant aux actes. Elle demande des « mesures concrètes et un renforcement des investissements dans la sécurité sanitaire mondiale ».

En réponse, les sept chefs d’Etat ont annoncé que Washington organisera une réunion des ministres des Affaires étrangères du G20 « afin de discuter de la poursuite de l’action collective et de garantir un soutien financier plus vaste » pour répondre à cette urgence de santé publique.

La solidarité internationale ne fait pas défaut en RDC

Notons que l’UE a envoyé 100 tonnes de matériel d’urgence dans l’est de la RDC, le dimanche 7 juin. Elle a également promis 5 millions d’euros, qui s’ajoutent aux 15 millions déjà débloqués depuis l’annonce de la pandémie. Les Etats-Unis, eux, ont apporté un soutien financier de 112 millions de dollar, tandis que l’OMS et le CDC africain ont lancé un plan de 518 millions de dollars. Quant à la Chine, elle a déployé sur place des médecins, épidémiologistes et divers experts pour appuyer les équipes locales et internationales.

Le changement climatique est « un facteur aggravant » de l’épidémie d’Ebola

Si Ebola resurgit régulièrement dans l’est de la RDC depuis plusieurs décennies, les scientifiques estiment que le changement climatique est « un facteur aggravant » de cette pandémie, parce qu’il perturbe les équilibres écologiques qui limitaient jusque-là la circulation de nombreux virus dans la nature. Les spécialistes notent que les activités humaines, l’exploitation minière, l’insécurité, les déplacements de populations et les fortes mobilités dans certaines régions créent des conditions favorables à l’émergence et à la propagation de telles zoonoses et compliquent leur contrôle.

Auteur de l’article : EcoloBizz

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