Sommet ARC : à Londres, la sphère réac vante les énergies fossiles

« Conservateurs de tous les pays, unissez-vous ! ». Le sommet 2026 de l’ARC (Alliance for Responsible Citizenship), un sommet international des élites « antiwoke » et « anticlimat », a eu lieu du 23 au 25 juin à Londres, au Royaume-Uni. Cet événement sponsorisé par de grandes fortunes pétrolières a réuni la sphère réac mondiale, de l’extrême droite aux climato-sceptiques, en passant par le mouvement MAGA. Les participants ont largement vanté les énergies fossiles, mais se sont aussi attaqués à l’immigration et au féminisme.

Climato-sceptiques, réseaux Stérin, extrême droite, MAGA…La crème de la crème du monde réactionnaire était au complet à la conférence de l’Alliance for Responsible Citizenship (ARC), un sommet international des élites « antiwoke » et « anticlimat » dont l’édition 2026 a eu lieu du 23 au 25 juin à Londres, au Royaume-Uni. Lancé en 2023, cet événement se présente comme un moyen de tisser des liens entre conservateurs de tous pays pour « bâtir une vision plus porteuse d’espoir pour l’avenir et refonder [la] civilisation ». Mais, à vrai dire, il ne fait qu’abreuver le public de messages sombres. Et pour cause, le rendez-vous vante les combustibles fossiles, critique le féminisme et s’attaque à l’immigration.

Le sommet de l’ARC financé par de grandes fortunes pétrolières et des industries pharmaceutiques

Fondée par le psychologue canadien et climatosceptique Jordan Peterson et la conservatrice et chrétienne britannique Philippa Stroud, la conférence ARC est financée par de grandes fortunes pétrolières et des industries pharmaceutiques. Elle est aussi soutenue par des philanthropes chrétiens comme le multimillionnaire Paul Marshall, dont le fonds spéculatif Marshall Wace avait investi 1,8 milliard de livres sterling dans des entreprises d’énergies fossiles en 2023.

L’édition 2026 a réuni des membres de partis d’extrême droite européens tels que l’AfD (Allemagne) et VOX (Espagne) et des think tanks de la mouvance trumpiste. Il y avait également des figures majeures du déni climatique comme Stephen Koonin, Michael Shellenberger, l’ancien premier ministre australien Tony Abbott et Lois Perry, une proche de Nigel Farage et directrice de la branche européenne du think tank climato-sceptique Heartland institute.

Des représentants français y étaient

Les patrons de la tech, personnalités moins marquées politiquement mais dépourvues de principes quand il s’agit de business, étaient aussi présents à l’ARC 2026. Notamment Louis Mosley, DG de Palantir UK/Europe. Enfin, il y avait des cadres d‘Airbus et Sanofi, des banquiers ou encore des investisseurs. Côté français, l’ARC a enregistré la participation d’Alexandre Saradjian, conseiller municipal de Nice et coprésident des Jeunes UDR (le mouvement d’Éric Ciotti), Sophie Arbareri, collaboratrice parlementaire du député RN Julien Odoul, et Matéo Leroy, assistant de l’eurodéputé Nicolas Bay à Bruxelles. L’évènement a compté en tout 4 000 participants venus de près de 100 pays.

Les médias extrapoleraient les conclusions du GIEC

Bjorn Lomborg, statisticien danois connu pour son livre polémique « L’Écologie sceptique », a ouvert l’ARC 2026 avec une session sur l’énergie. Cet ancien directeur de l’Environmental Assessment Institute à Copenhague pense que les énergies fossiles garantissent la prospérité, contrairement à ce dit la science.

Steven Koonin, un physicien passé par l’administration Obama, a également pris la parole. Il a déclaré que les médias exagèrent les conclusions du GIEC, qui serait moins alarmiste sur l’état de la planète. Chris Wright, secrétaire d’État à l’Énergie du gouvernement Trump, a préféré réagir par visio. « Le climat est un problème, mais pas un gros problème […] le froid tue bien plus que la chaleur », a affirmé celui qui a fait fortune dans la fracturation hydraulique.

Le sommet ARC a également fustigé le féminisme et l’immigration

Quant à Paul Marshall, il a répété ses éternelles récriminations. Le co-fondateur de l’ARC a dénoncé les politiques climatiques et critiqué les pays « contaminés par un zèle idéologique » et qui risquent de sacrifier la prospérité économique de l’humanité. Tous ces discours lunaires ont été débités sous une température de 37 °C à Londres.

La chaleur n’a visiblement pas fait fondre leurs positions gelées par le « conspirationnisme climatique ». Mais ce n’est pas tout. La sphère réac s’est aussi attaquée au féminisme, à l’avortement et aux transitions du genre. Elle considère ces questions comme relevant du wokisme et comme des menaces pour la natalité. Pour ce qui concerne l’immigration, elle est décrite comme un péril pour l’Occident, en particulier l’Europe, dans la lignée d’une peur imaginaire : le grand remplacement.

Auteur de l’article : EcoloBizz

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