Depuis plusieurs jours, une épidémie présumée d’hantavirus sévit à bord d’un bateau de croisière néerlandais, le MV Hondius, se trouvant dans l’océan Atlantique. Trois personnes sont déjà décédées, sur un total de 150 passagers. Deux des voyageurs, l’un hospitalisé à Johannesburg (Afrique du Sud) et l’autre à Zurich (Suisse), ont été testés positifs à la souche des Andes, la seule à pouvoir se transmettre d’une personne à l’autre. L’OMS avait évoqué mardi une transmission interhumaine.
Le dimanche 3 mai, l’Organisation mondiale de la santé (OMS) a rapporté l’apparition d’une épidémie d’hantavirus à bord d’un bateau de croisière néerlandais, le MV Hondius, parti d’Ushuaïa (Argentine) début avril pour le Cap-Vert. Trois personnes sont déjà mortes et plusieurs autres tombées malades parmi les 150 passagers et la soixantaine de membres d’équipage. Mardi, l’OMS avait dit soupçonner une « transmission interhumaine », alors que le virus se transmet généralement via le contact avec les rongeurs.
Deux cas testés positifs à la souche des Andes
Ce mercredi 6 mai, le ministre sud-africain de la Santé, le Dr. Aaron Motsoaledi, a partiellement corroboré cette thèse. Il a annoncé que la souche d’hantavirus détectée sur l’un des passagers est celle des Andes, qui est la seule transmissible entre êtres humains sur les 38 souches connues. Deux des passagers du navire de croisière néerlandais ont été transférés vers Johannesburg pour être pris en charge, mais l’un d’eux est décédé. Outre l’Afrique du Sud, la Suisse a annoncé qu’un de ses ressortissants, revenus du voyage en Amérique du Sud à bord du MV Hondius, a été testé positif au même virus des Andes. Le patient est traité à l’hôpital universitaire de Zurich.
Le hantavirus transmis à l’homme par des rongeurs infectés
Pour rappel, les hantavirus désignent un groupe de virus portés par des rongeurs comme le rat et la souris. Ils se transmettent aux humains principalement par contact avec l’urine, les excréments ou la salive de ces animaux infectés. La contamination interhumaine est extrêmement rare et n’a été décrite que dans le cas d’infection par la souche des Andes, uniquement présente en Amérique du Sud, en particulier au Chili et en Argentine. Le taux de mortalité de cette variante approche les 50 %.
Si l’on compte une trentaine de souches à travers le monde, il n’existe que deux formes cliniques de maladies liées aux hantavirus. D’abord les fièvres hémorragiques à syndrome rénal (FHSR). Présentes en Europe et Asie, leur létalité oscille entre 0 et 10 % selon les individus. Ensuite le syndrome pulmonaire à hantavirus (SPH), qui sévit en Amérique et affiche une mortalité entre 30 et 60 %.
Il n’existe pas encore de vaccin contre l’hantavirus
Niveau symptômes, les FHSR et le SPH ressemblent à de la grippe (fièvre, toux, céphalées, fatigue, courbature…). Mais les premières peuvent dans certains cas évoluer vers une insuffisance rénale, tandis que le second peut se transformer en une insuffisance respiratoire aiguë. Pour ces deux formes, le diagnostic repose sur un test sérologique. À ce jour, il n’existe pas de vaccin (celui utilisé en Chine n’est pas reconnu efficace), en raison de la diversité des souches en particulier. Ainsi, on ne peut que soulager les symptômes, notamment par la prise de paracétamol. Des recherches sont en cours pour trouver un traitement universel grâce à des innovations comme l’ARNm.
Pas de risque d’une épidémie mondiale comme avec le Covid-19
Pour l’épidémie déclarée à bord du MV Hondius, l’OMS a assuré mardi que le risque pour la santé publique globale « demeure faible » et qu’il n’y a pas lieu de craindre une contamination mondiale. « Il ne s’agit pas d’un virus qui se propage comme la grippe ou le Covid-19 », a souligné Maria Van Kerkhove, directrice par intérim du département de prévention et préparation aux épidémies et pandémies de l’organisation.
Néanmoins, les autorités sanitaires restent vigilantes et poursuivent les recherches pour identifier d’éventuels cas contacts avec les personnes infectées. En attendant, le MV Hondius est toujours immobilisé au large du Cap-Vert. Mais le navire a demandé et obtenu l’autorisation d’accoster samedi à Tenerife, dans les îles Canaries, archipel espagnol au large du Maroc.
