Un nouveau logo « Bien-être animal, filière agricole engagée » est apparu depuis septembre sur certains produits à base de poulet vendus en France. Lancé par le groupe LDC et plus de 80 acteurs de la filière avicole, le dispositif entend valoriser les pratiques d’élevage françaises et répondre aux attentes des consommateurs en matière de bien-être animal. Plusieurs associations dénoncent toutefois un risque de confusion et contestent le niveau d’exigence du référentiel.
Mercredi 9 septembre 2026, le groupe LDC, leader français de la volaille détenant des marques comme Le Gaulois et Maître Coq, ainsi que plus de 80 acteurs de la filière avicole ont lancé un nouveau logo « Bien-être animal, filière agricole engagée », qui entend valoriser les pratiques d’élevage françaises et répondre aux attentes des consommateurs en matière de bien-être animal. Les initiateurs sont regroupés au sein du collectif Filière agricole engagée pour élever le bien-être animal, qui rassemble plus de 1 300 éleveurs et 2 600 poulaillers, représentant près de 20 % de la production française de poulets.
« Bien-être animal, filière agricole engagée » vise à répondre à une forte demande de produits français
L’apparition du nouveau logo (identifiable à son poulet blanc au trait bleu avec un gros cœur rouge) intervient alors que le poulet représente près de 80 % des volumes de viande consommés en France et que sa consommation a progressé de 5,6 % en 2025. Avec ce nouveau référentiel, la filière avicole cherche à répondre à une forte demande de produits français : 84 % de nos compatriotes souhaitent notamment consommer de la volaille française au restaurant, alors qu’environ un poulet sur deux consommé en France est importé.
« Bien-être animal » repose sur cinq garanties destinées à améliorer les conditions d’élevage
Le logo « Bien-être animal, filière agricole engagée » repose sur cinq garanties destinées à améliorer les conditions d’élevage. Il exige d’abord que les poulets soient élevés dans des bâtiments bénéficiant de lumière naturelle et disposant de davantage d’espace, avec une densité annoncée comme inférieure de 10 % aux seuils maximaux prévus par la réglementation européenne. Aussi, les bâtiments doivent comporter des équipements favorisant certains comportements naturels. C’est le cas des perchoirs, des blocs à picorer, des ficelles ou encore de la paille. En outre, le dispositif prévoit des exigences sanitaires, avec des contrôles stricts, ainsi qu’une formation des éleveurs et du personnel au bien-être animal.
Des associations de défense animale contestent la portée du dispositif
Le collectif Filière agricole engagée pour élever le bien-être animal assure que ces engagements vont au-delà de la réglementation actuelle et s’inspirent en partie de l’European Chicken Commitment (ECC), lancé en 2017 par des associations de protection animale. LDC, qui s’était lui-même engagé en juillet 2025 à respecter les critères de l’ECC d’ici 2028, affirme de son côté que le nouveau logo vise à renforcer la compétitivité du poulet français face aux importations. Mais les associations de défense animale contestent la portée du dispositif. Elles lui reprochent notamment de ne pas reprendre deux critères importants de l’ECC : une densité limitée à 30 kg/m² et l’interdiction des souches de poulets à croissance ultrarapide.
Le nouveau logo peut être apposé sur des poulets issus de souches à croissance rapide
Avec le nouveau référentiel, la densité peut atteindre 38 kg/m², soit environ 19 poulets par m². La réglementation européenne fixe déjà ce niveau comme plafond, tandis que des dérogations permettent actuellement à de nombreux élevages français d’atteindre 42 kg/m², soit environ 22 poulets par m². Welfarm, association œuvrant pour une meilleure prise en compte du bien-être des animaux de ferme, note également que le logo peut être apposé sur des poulets issus de souches à croissance rapide (appelés aussi turbopoulets), malgré les problèmes de santé qui leur sont associés. Elle dénonce une « démarche marketing outrancière » et considère que la présentation du logo donne une image plus favorable que les garanties réellement apportées.
L’appellation « Bien-être animal » peut induire les consommateurs en erreur
Par ailleurs, avec d’autres organisations, Welfarm a saisi la DGCCRF, estimant que l’appellation « Bien-être animal » peut induire les consommateurs en erreur. En effet, le nouveau référentiel prête à confusion avec l’« Étiquette Bien-Être Animal » présente sur les emballages depuis 2019. Celle-ci repose sur près de 235 critères et attribue un niveau allant de A à E, tout en précisant le mode d’élevage. En 2025, ce label concernait 15 % de la production française de poulets et 40 % des éleveurs, soit environ 3 700 élevages. Face au risque d’amalgame, les spécialistes recommandent de vérifier les mentions « élevé en plein air » ou « poulet fermier », ou de rechercher le label bio avant de choisir son poulet.
