Aux États-Unis, plusieurs consommateurs accusent les médicaments amaigrissants à base de GLP-1, indiqués contre le diabète et la prise de poids, de causer de graves lésions oculaires. Pour ces effets secondaires supposés, ils ont intenté des poursuites judiciaires contre leurs fabricants Novo Nordisk et Eli Lilly. Mais les deux laboratoires ont fermement nié ces allégations et réaffirmé leur engagement à garantir la sécurité de leurs produits.
Ils sont très populaires aux Etats-Unis, l’un des pays les plus touchés au monde par l’obésité. Les GLP-1, une nouvelle génération de médicaments contre le diabète, permettent à certains patients de perdre plusieurs dizaines de kilos. Fort de leur succès, l’administration Trump souhaiterait réduire leurs tarifs pour démocratiser leur utilisation. L’enjeu n’est pas que sanitaire, mais aussi économique. À en croire les compagnies aériennes américaines, ces médicaments pourraient leur permettre d’économiser chaque année 580 millions de dollars en carburant car les passagers seraient plus minces.
Des poursuites judiciaires contre Novo Nordisk et Eli Lilly aux Etats-Unis
Mais les médicaments amaigrissants, comme Ozempic, Wegovy, Mounjaro ou Zepbound, n’auraient pas que des bénéfices sur le corps. Aux États-Unis, plusieurs centaines de patients ont engagé des poursuites contre les laboratoires Novo Nordisk et Eli Lilly, les principaux fabricants de ces traitements anti-obésité. Selon eux, ces produits ont causé de graves lésions oculaires, pouvant aller jusqu’à une perte de vision permanente. Ils évoquent en particulier une neuropathie optique liée à une diminution de l’irrigation sanguine du nerf optique.
Les laboratoires pharmaceutiques auraient dû avoir connaissance des risques de leurs médicaments amaigrissants à base de GLP-1
Dans les documents transmis au tribunal, les plaignants allèguent que les laboratoires pharmaceutiques avaient connaissance, ou auraient dû avoir connaissance, des risques de complications oculaires induits par leurs traitements. Ils leur reprochent d’avoir volontairement dissimulé ces risques ou de ne pas avoir fourni d’avertissements suffisamment clairs sur les étiquettes des produits commercialisés aux États-Unis. Prenant en exemple l’Europe, les requérants notent que plusieurs autorités sanitaires européennes ont renforcé les informations figurant sur les notices du sémaglutide, indiqué pour traiter le diabète de type 2 et la perte de poids en cas d’obésité, afin de signaler les potentiels effets secondaires graves.
Novo Nordisk et Eli Lilly rejettent catégoriquement les accusations portées à leur encontre
Face aux poursuites judiciaires engagés contre eux, Novo Nordisk et Eli Lilly rejettent catégoriquement les accusations portées par les plaignants et assurent accorder une priorité absolue à la sécurité des patients. Les deux groupes pharmaceutiques mettent en avant plusieurs années de données cliniques, qu’ils considèrent comme démontrant que les risques associés à leurs traitements sont identifiés et correctement pris en charge. Ils rappellent par ailleurs que les personnes atteintes de diabète sont davantage exposées aux complications oculaires que la population générale, et cela indépendamment de leur traitement.
Le lien direct entre les GLP-1 et les atteintes oculaires reste débattu au sein de la communauté médicale
De son côté, l’Agence américaine des produits alimentaires et médicamenteux (FDA) n’a pas encore tranché sur la question. Elle poursuit l’examen des données disponibles et ne peut à ce stade rendre des conclusions ni publié d’avertissement officiel concernant ces traitements. Encore aujourd’hui, le lien direct entre les médicaments amaigrissants et les atteintes oculaires reste débattu au sein de la communauté médicale.
Certaines études ont observé une association, mais elles ne permettent pas d’établir avec certitude une relation de cause à effet. Face aux avis divergents, les professionnels de santé conseillent aux patients de poursuivre leur traitement, mais de consulter régulièrement un ophtalmologue pour des examens de vue, au nom du rapport bénéfices/risques.
