Colombie : Juana Perea, une militante écologiste, abattue sur la côte pacifique

 

En Colombie, une militante écologiste du nom de Juana Perea a été assassinée le 29 octobre 2020, dans le golfe de Tribugá sur la côte pacifique. Elle s’opposait au projet d’un méga port industriel avec son époux américain.

En Colombie, la cause pour l’environnement perd encore un de ses membres. Juana Perea, une militante colombo-espagnole de 50 ans a été assassinée par balles le jeudi 29 octobre à Nuquí, sur la côte pacifique. Elle vivait là depuis 2017 avec son mari Dave Forman, un opérateur logistique. Le couple s’apprêtait à inaugurer une cabane touristique au bord de la mer pour montrer l’exubérance de cette partie de la Colombie, où viennent se reproduire chaque année les baleines à bosse pour la plus grande joie des touristes. Malheureusement, le mari Dave n’était pas sur place au moment du meurtre. Il y a deux mois, il a dû retourner en Afghanistan (où il travaillait et a rencontré Juana) afin d’obtenir les ressources pour leur éco-hôtel.

Juana, la voix de « ceux qu’on ne peut pas entendre »

« Elle cherchait à améliorer les conditions de vie dans la région, un endroit oublié, plein de difficultés. Elle était prête à tout offrir à ceux qui en avaient besoin et à aider chacun à façonner son avenir », confie Iñaki Perea, le frère de la victime. Ces derniers mois, la militante écologiste s’était concentrée sur la défense du golfe de Tribugá, dont elle est devenue la protectrice afin d’empêcher la construction d’un port industriel, qu’elle considérait comme un écocide. Avec ce méga projet, « elle s’est battu pour les animaux, pour les baleines, pour ceux qu’on ne peut pas entendre, mais aussi pour les chefs locaux. Elle est maintenant une statistique de plus, malheureusement », déplore Iñaki Perea.

Présence très réduite des forces de l’ordre

Les proches de la victime craignent à présent que son crime reste impuni, comme pour la plupart des 247 « leaders sociaux » – défenseurs et défenseuses des droits humains, de l’environnement et des minorités- tués cette année en Colombie, d’après des statistiques de l’ONG Indapaz. En effet, les forces de police sont rares à Nuquí et il n’y a pas de bureau procureur pour enquêter convenablement et rendre justice. D’ailleurs, le maire réclame depuis des mois davantage de policiers, alors qu’on lui en a retiré cinq sur quatorze.

De puissants intérêts politiques et économiques dans la région

En Colombie, pays d’Amérique du sud réputé pour ses cartels de drogue, la plupart des défenseurs de l’environnement se heurtent à des intérêts politiques et économiques puissants, légaux et illégaux. Les barons et patrons font la loi et n’hésitent pas à menacer les défenseurs des droits de l’homme et de l’environnement, voire à les assassiner pour continuer leurs activités. Selon Iñaki, les menaces ont certainement été adressées à Juana Perea, mais, elle ne leur en avait jamais parlé. En femme courageuse, la militante préférait s’attaquer à ses problèmes sans inquiéter ses proches.

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