Pollution : Vinci reconnait avoir déversé dans la Seine des eaux chargées de résidus de béton

 

Après qu’une association de pêche et de protection de la nature a déposé une plainte contre lui, le géant du BTP Vinci a reconnu avoir effectivement déversé dans la Seine des eaux chargées de résidus de béton. Cette pollution aurait totalement cimenté une berge du célèbre fleuve parisien.

Une pollution découverte par un garde-pêche

Le géant du BTP Vinci a reconnu ce mercredi avoir effectivement déversé des eaux chargées de résidus de béton sur les berges de Seine à Nanterre. Le déversement provenait d’une de ses centrales à béton, servant à alimenter le chantier Eole d’extension du RER E vers l’ouest parisien. Selon l’Association agréée de pêche et de protection du milieu aquatique (AAPPMA), c’est un garde-pêche qui a repéré l’écoulement le 19 mars dernier, alors qu’il effectuait une promenade de routine, au bord de la Seine. Sandrine Armirail, directrice de la maison de la pêche et de la nature et présidente de l’AAPPMA 92 a indiqué à l’AFP que le point de sortie des eaux sales «était bien caché» et facilité par «une ouverture dans le grillage».

« tout est bétonné sur le fond, il n’y a plus rien»

Les eaux chargées de résidus de béton rejetées dans la Seine Ont cimenté «tout un pan de berge». Celle-ci se serait alors transformée en «un désert aquatique», une situation déplorable pour Sandrine Armirail. Elle souligne que «Les berges, c’est l’endroit le plus intéressant pour la biodiversité, là, vu que tout est bétonné sur le fond, il n’y a plus rien».

L’association, qui en dénonce les conséquences pour l’environnement, a déposé plainte contre Vinci pour «abandon de déchet, rejet en eau douce de substance nuisible au poisson et destruction de frayère». Elle révèle même que cette pollution aux résidus de béton a commencé en 2018.

Vinci prêt à collaborer avec les autorités administratives et judiciaires

Placé devant les faits, Vinci a essayé de limiter les dégâts. Dans un communiqué publié ce mercredi, le leader du BTP a assuré qu’il a «mis en œuvre les mesures nécessaires pour stopper cet écoulement». Aussi, promet-il qu’«Après enquête interne, si des responsabilités individuelles venaient à être établies, des sanctions seront prises». Enfin, le groupe a fait savoir qu’il se mettait «à l’entière disposition des autorités administratives et judiciaires dans le cadre de l’enquête qui pourrait être ouverte» sur cette pollution « exceptionnelle ».

La présidente de la région Ile-de-France, Valérie Pécresse (LR), qui s’est dite «scandalisée» dans un tweet, « demande au groupe Vinci que toute la clarté soit faite dans cette affaire et des sanctions exemplaires contre ces pollutions sauvages !».

 

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