Face à la forte hausse des prix des carburants et à l’inquiétude grandissante des Français, le gouvernement a annoncé mardi renforcer ses aides. Il prolonge jusqu’à la fin de l’année le coup de pouce de 100 euros et l’élargit aux grands rouleurs. D’un montant total de 450 millions d’euros, ces mesures visent principalement les ménages les plus exposés, ainsi que les professionnels fortement consommateurs d’hydrocarbures.
Pour répondre à l’inquiétude des Français les plus affectés par la flambée des prix des carburants, provoquée par le conflit au Moyen-Orient, le gouvernement a annoncé mardi 22 septembre de nouvelles mesures en faveur des professionnels et des particuliers. Il a principalement décidé de prolonger jusqu’à la fin de l’année l’aide de 100 euros, ce qui équivaut à environ 40 centimes par litre de carburant pendant deux mois en moyenne. L’exécutif étend aussi ce dispositif aux gros rouleurs, ces conducteurs qui parcourent un nombre de kilomètres très supérieur à la moyenne chaque année (plus de 8 000 kilomètres par an entre leur domicile et leur travail).
Les nouvelles aides sur les carburants représentent 450 millions d’euros au total
Initialement accessible à environ trois millions de personnes, cette aide financière touchera désormais 5,5 millions de Français avec cette extension. Pour les entreprises, le plafond de la prime carburant, une aide défiscalisée accordés par les employeurs à leurs salariés, passera de 600 à 1 000 euros. Le ministre des PME Serge Papin annonce par ailleurs une prolongation, jusqu’à la fin de l’année, des aides sectorielles accordées aux pêcheurs, agriculteurs et professionnels du BTP, particulièrement exposés à la hausse du coût des hydrocarbures. Ces actifs pourront également demander un prêt à taux zéro à partir du 1er octobre en cas de besoin urgent de trésorerie. D’après les calculs du ministre des Comptes publics David Amiel, les aides supplémentaires représentent 450 millions d’euros au total.
Des aides supplémentaires pour faire retomber la colère sociale
Ces mesures interviennent alors que la colère sociale monte crescendo. La semaine dernière, des pêcheurs ont bloqué des dépôts pétroliers pour protester contre la hausse des prix du carburant. Face aux différentes déclarations des syndicats, certains responsables politiques avaient dit craindre une mobilisation comparable à celle des « gilets jaunes » de 2018, même si le gouvernement n’est plus responsable de la situation (elle est liée à la guerre dans le détroit d’Ormuz).
Avec ses nouvelles aides, l’exécutif cherche donc avant tout à contenir les effets économiques et sociaux de la crise du carburant. Mais cela suffira -t-il à faire retomber la pression ? Mardi, le gazole atteignait 2,41 euros le litre en moyenne en France, un niveau record, tandis que le SP98 s’établissait à 2,27 euros et le SP95-E10 à 2,17 euros.
Le gouvernement écarte l’idée d’une baisse générale des taxes sur les carburants
Malgré les tensions au Proche-Orient, le gouvernement assure qu’il n’existe pas, à ce stade, de risque de pénurie de carburant en France. Le ministre de l’Économie, Roland Lescure, évoque pour sa part une visibilité d’environ deux mois sur les stocks, tout en reconnaissant des difficultés d’approvisionnement pour le gazole et le kérosène. Les oppositions, elles, appellent à davantage de mesures.
Mais la marge de manœuvre budgétaire reste limitée. Pour l’heure, il est hors de question de recourir à une baisse générale des taxes sur les carburants, une mesure jugée trop coûteuse pour les finances publiques. Ainsi, l’exécutif cherche aussi des solutions du côté de l’Union européenne pour accroître la capacité de production des raffineries et adapter certaines règles concernant les carburants.
