La China Rare Earth Group pour accroître la puissance de la Chine dans les terres rares

L’Empire du Milieu déjà incontournable à la fois pour l’extraction et la purification de ces métaux stratégiques souhaite maintenir l’Occident et les États-Unis dans la dépendance à travers la création d’une nouvelle entreprise aux grandes capacités.

Les terres rares, du nom de ces 17 minerais extrêmement précieux pour leur caractère indispensable dans la fabrication de plusieurs produits, dont les appareils électroniques entre autres, sont au cœur de la nouvelle stratégie chinoise de domination mondiale. Avec une capacité d’extraction de 60% et de purification de 90%, la Chine domine de loin le secteur aujourd’hui. Et pourtant, elle ne semble pas se satisfaire d’une telle situation.

Le pays vient en effet de créer la China Rare Earth Group à travers la fusion de trois entreprises publiques clés intervenant dans les minerais. À savoir China Minmetals Corp, Aluminium Corp of China (Chalco) et Ganzhou Rare Earth Group Co détentrices chacune de 20,33% des parts de la nouvelle entité. Les 31,21% restants vont à la Commission de supervision et d’administration des actifs appartenant à l’État (SASAC).

Resserrer les rangs

À travers cette décision annoncée fin décembre 2021, la Chine veut resserrer les rangs de ses sociétés actives dans les terres rares. Des terres en vérité pas si rares que ça, mais dont l’exploitation est de plus en plus mal vue à l’aune de la problématique écologique. Les entreprises chinoises du secteur ont longtemps péché dans la gestion de ces métaux d’importance, à en croire l’analyste Liu Enqiao cité par Global Times. Ce que les autorités espèrent que China Rare Earth Group pourra corriger.

Il y a plutôt intérêt au regard de l’importance grandissante des minerais concernés dans les années à venir. Avec la transition énergétique à laquelle les défenseurs de l’environnement appellent avec empressement de leurs vœux, détenir suffisamment de lithium et d’autres aimants composants les terres rares sera un facteur de superpuissance. Au même titre que ce que la crise des semi-conducteurs révèle depuis le début du Covid.

Les USA s’activent

C’est sans doute pourquoi les États-Unis manœuvrent déjà selon Reuters, afin de mettre en branle une stratégie de réduction de leur dépendance vis-à-vis de la Chine concernant la fourniture de ces métaux. Le pays de l’Oncle Sam qui en fournit seulement 16% au monde n’a pas les mêmes capacités de traitement que son rival chinois.

Reste que ce dernier, qui ne dort pas sur ses lauriers, n’entend pas se laisser voler la vedette. D’autant que la guerre commerciale sino-américaine en cours concerne désormais tous les secteurs possibles.

Auteur de l’article : Lizz Thiam

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