Climat : Shell et Total investissent abondamment dans les fossiles, malgré leurs engagements

 

Les géants de l’énergie anglo-néerlandais Shell et français Total continuent de dépenser énormément dans les fossiles, malgré leurs engagements. Selon un rapport publié jeudi par le groupe de réflexion IEEFA (Institute for Energy Economics and Financial Analysis), ils réalisent encore 90% de leurs investissements dans ces énergies polluantes.

Beaucoup de promesses et peu d’actions concrètes. Les géants de l’énergie anglo-néerlandais Shell et français Total continuent de dépenser énormément dans les fossiles, malgré leurs engagements en faveur de la planète. C’est ce qu’indique le groupe de réflexion IEEFA (Institute for Energy Economics and Financial Analysis) publié jeudi 23 juillet. Ces deux groupes réaliseraient 90% de leurs investissements dans ces énergies non renouvelables et réputées pour leurs émissions de gaz à effet de serre. Avec des émissions combinées équivalentes à celles de l’Allemagne, quatrième puissance économique mondiale, Shell et Total ne vont probablement « pas être à la hauteur » de leurs propres objectifs d’investissements durables, a écrit l’IEEFA.

« Nous soutenons pleinement l’accord de Paris et la nécessité d’une transition vers une société bas-carbone »

Le groupe anglo-néerlandais Shell, qui prévoit une baisse de ses émissions de 65% d’ici à 2050, dépense seulement 3 à 5% de ses investissements dans les renouvelables. Il pourrait ainsi de ne pas remplir son objectif de 4 à 6 milliards de dollars par an destinés aux projets d’énergies vertes pour 2020, selon l’IEEFA. La multinationale reconnait n’avoir pas d’objectif précis lié aux investissements dans les renouvelables, mais précise avoir dépensé 55% de ses investissements dans la transition énergétique (gaz naturel et biocarburants inclus). « Nous soutenons pleinement l’accord de Paris et la nécessité d’une transition vers une société bas-carbone, et nous sommes engagés à jouer notre rôle », a indiqué un porte-parole du groupe à l’AFP.

Quant à Total, qui s’est engagé à la neutralité carbone en Europe en 2050, il aura du mal à atteindre son objectif d’installer 25 gigawatts de capacité d’énergies, d’après l’IEEFA. Le géant français de l’énergie n’a pas commenté le rapport mais a indiqué dépenser déjà 10% de ses investissements en capital (Capex) à l’électricité bas-carbone, avec un objectif de passer à 20% d’ici 2030 ou plus tôt.

Shell et Total devraient investir 10 milliards de dollars par an dans les renouvelables

Le rapport de l’IEEFA souligne par ailleurs que Shell et Total sont « parmi les plus importants contributeurs » à la concentration des gaz à effet de serre dans l’atmosphère, en prenant en compte l’utilisation de leurs produits par le consommateur final (périmètre dit « scope 3 »). Si le groupe de réflexion reconnaît que les deux géants ont fait des progrès, il estime qu’ils devraient investir bien plus dans les énergies vertes : chacun 10 milliards de dollars par an dans les renouvelables (environ 50% de leurs investissements en capitaux). « Il est difficile de voir comment l’une ou l’autre entreprise parviendra à la transformation massive affichée en termes d’intensité carbone [quantité de CO2 émise par unité d’énergie produite] sans s’éloigner radicalement des investissements dans le pétrole et le gaz », a commenté Clark Butler, auteur de l’étude.

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