Grenoble : « Youth For Climate France » en congrès pour définir une nouvelle stratégie

 

Les jeunes militants écologistes de France ont organisé leur troisième congrès national à Grenoble toute cette semaine, pour définir une nouvelle stratégie, alors que le mouvement s’essouffle.

La mobilisation divisée par quatre

La déclinaison française du mouvement mondial « Youth For Climate » a organisé son troisième congrès national à Grenoble cette semaine. Au programme : des conférences, ateliers et groupes de travail dans une salle de l’annexe du conservatoire de Grenoble.

Ce troisième congrès national visait à donner un nouveau souffle à « Youth For Climate France », après des participations en baisse lors des dernières grèves mondiales pour le climat. « Pour la première, le 15 mars, 200.000 jeunes étaient descendus dans la rue », contre tout juste 50.000 à la grève des écoles pour le climat du 24 mai et un peu plus seulement pour la dernière en date, le 20 septembre dernier rappelle Thomas, un jeune intervenant, à 20 Minutes. « Il est sans doute plus difficile en France de justifier une absence de l’école », tente d’expliquer Zoé. Elle n’oublie pas non plus les examens de fin d’année qui retiennent les jeunes. « Peut-être aussi avons-nous mal communiqué… », s’interroge-t-elle.

Les politiques français pas encore véritablement investis

Par ailleurs, le mouvement a-t-il fait avancer la lutte contre le réchauffement climatique ? C’était l’une des questions centrales sur la table de ce troisième congrès national. Youth For Climate France a l’impression que le gouvernement n’a pas encore entendu les préoccupations climatiques de la jeunesse. Mathieu en veut pour preuve un fait durant la journée du 23 juillet dernier. Alors que « Greta Thunberg était reçu à l’Assemblée nationale, le même jour, Emmanuel Macron volait au secours du traité de libre-échange entre l’Europe et le Canada (Ceta) qui était ratifiée dans la foulée par les députés ». Cette parade du président de la République montre que les pouvoirs publics ne se sont pas encore clairement saisis de la question climatique.

Le mouvement doit-il se muscler ?

Face à cette attitude faut-il aller au-delà des seules marches pacifistes ? Pour beaucoup, il urge de changer de stratégie. « Pour la prochaine grève mondiale pour le climat, le 29 novembre, plusieurs sections locales feront le choix d’autres modes d’actions », préviennent Laurette et Léo, 16 et 17 ans. « A Paris justement, nous partons bien plus sur des actions de désobéissance civile. », lancent-ils. Pour Léo, jusqu’ici le mouvement s’est montré « un peu trop gentil ». Se disant membre d’un des groupes les plus radicaux de Youth For Climate France, il aimerait qu’à l’avenir les opérations augmentent en intensité. Comme ce fut le cas à Bordeaux le 15 juillet dernier, où les jeunes avaient bloqué pendant près de 8 heures un restaurant Mc Donald’s du centre-ville, en marge d’un précédent congrès.

« Ces textes ne seront pas communiqués tout de suite »

Si la méthode actuelle n’a pas encore porté ses fruits, Youth For Climate France pense qu’il faut tout de même garder la ligne de conduite adoptée depuis mars : « Nous restons un mouvement non-violent, précise Laurette. Mais nous n’acceptons pas non plus la violence à notre encontre et nous nous autoriserons à agir en conséquence, en cas de légitime défense. ». A la fin des discussions, Mathieu a indiqué que « Ces textes ne seront pas communiqués tout de suite. Ils devront d’abord être discutés et approuvés par nos membres qui n’ont pas pu être présents à Grenoble. ». Les derniers échanges auront lieu sur Discord, la messagerie instantanée qu’utilise Youth For Climate France.

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