CETA : Eleveurs de bovins et ONG accusent le gouvernement de semer le flou sur les farines animales

 

Alors que le vote des députés français est attendu ce mardi, avant la ratification de l’accord de libre-échange entre l’Union européenne (UE) et le Canada, prévu le 17 juillet, les éleveurs de bovins et ONG sont dans le désarroi total. Ils accusent le gouvernement d’avoir menti sur plusieurs points du CETA, notamment sur les conséquences des farines animales.

Le CETA menace-t-il la santé des Européens ?

L’accord commercial entre l’UE et le Canada ne devrait pas empêcher l’arrivée de bœufs nourris avec certaines farines animales et dopés avec des antibiotiques, malgré les assurances du gouvernement. Alors qu’un vote décisif des députés a lieu ce mardi, en prélude à la ratification de l’accord de libre-échange entre l’Union européenne (UE) et le Canada, prévu le 17 juillet, élus et acteurs du secteur de l’élevage continue de s’écharper à coups de règles vétérinaires internationales et de règlements européens. La question est de savoir si le CETA menace la santé des Européens en facilitant l’importation d’aliments canadiens produits dans un pays qui n’applique pas le principe de précaution, et où l’usage des hormones de croissance, des antibiotiques, des farines animales, des organismes génétiquement modifiés (OGM) et des pesticides est moins encadré.

« Les produits qui sont interdits au sein de l’UE ne peuvent pas pénétrer le marché européen » 

La députée (LRM) Marie Lebec, l’une des rapporteurs du texte à l’Assemblée nationale, a déclaré qu’il n’y avait pas matière à s’inquiéter : « Je ne sais pas vous dire mieux : les produits qui sont interdits au sein de l’UE ne peuvent pas pénétrer le marché européen », a-t-elle rassuré devant l’hostilité de l’opposition, surtout des Républicains. Ce mardi, plusieurs d’entre eux (fait inhabituel) devraient se ranger derrière les syndicats agricoles qui craignent les conséquences de l’arrivée sur le marché européen de viande bovine canadienne moins chère que la française, car soumise à des exigences de production différentes.

Le grand flou sur les farines animales, ces restes d’animaux utilisés pour nourrir le bétail, est l’un des points saillants de la contestation. Interdites en Europe depuis leur identification comme vecteur de la transmission de la maladie de la vache folle (ESB), vers la fin des années 1990, elles sont bien autorisées au Canada. Le député (LRM) Jean-Baptiste Moreau répète à son tour que les règles européennes empêchent les bœufs nourris de la sorte d’arriver jusqu’au sol européen.

D’autres types de farines passent à travers les mailles du filet

Consultés par Le Monde, plusieurs spécialistes des questions vétérinaires ont fait savoir que les « farines de viande et d’os », produites à partir de carcasses de bovins impropres à la consommation, sont effectivement interdites à l’importation. Mais celles produites avec des morceaux non nobles de bovins en bonne santé, comme les poils, le sang ou le gras, chauffés à haute température ne le sont pas. Or, elles sont largement utilisées par les éleveurs canadiens, et les deux règlements européens fixant les règles en matière d’importation bovine sont muets à leur sujet.

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