Pêche de krill : Paul Watson et Sea Shepherd n’y vont plus de main morte

Dans l’Antarctique, un navire de Sea Shepherd a volontairement percuté un chalutier norvégien de krill, le mardi 31 mars. Le groupe militant maritime justifie son action par le fait que l’entreprise Aker Qrill, propriétaire du bateau de pêche, épuise les zones d’alimentation de nombreux animaux vivant dans cette zone. Parmi lesquels les baleines à bosse, les rorquals communs, les manchots, les phoques et les oiseaux marins.

L’heure n’est plus à la sensibilisation et à la dénonciation. Le mardi 31 mars, un navire de Sea Shepherd a volontairement percuté un chalutier norvégien de krill dans l’Antarctique. Dirigé par Lamya Essemlali, l’équipage de l’ONG a mené cette intervention à bord de son navire Bandero. Il est rentré plusieurs fois en collision avec le bateau de pêche de krill, l’Antarctic Sea, exploité par Aker Qrill, et a également lancé à l’eau des dispositifs en métal visant à déchirer les filets. Baptisée « Opération Krill Wars », cette action offensive a duré cinq heures.

Sea Shepherd s’inquiète pour la survie de nombreuses espèces maritimes protégées

Selon des données officielles, Aker Qrill est actuellement le plus grand exploitant de krill en Antarctique, représentant plus de 60 % du quota total de captures. Le groupe industriel vend sa prise essentiellement aux géants de l’agroalimentaire et de la distribution, qui l’utilisent dans les compléments alimentaires oméga-3 (son huile), l’aquaculture et l’alimentation du saumon d’’élevage, ainsi que dans les aliments pour animaux de compagnie.

En Norvège, le quota de pêche de 620 000 tonnes de krill a été atteint pour la première fois l’année dernière. Ce qui est problématique pour la survie de nombreuses espèces maritimes protégées : manchots, rorquals communs, phoques, baleines à bosse et oiseaux marins. Ces animaux se retrouvent ainsi en concurrence directe avec les chalutiers géants.

Sea Shepherd a décidé de prendre désormais les chalutiers par la proue

En plus d’être vital pour de nombreuses espèces marines, le krill est aussi important pour l’environnement. Selon une récente étude publiée dans Nature Communications, il joue un rôle aussi déterminant que les mangroves tropicales en matière de séquestration de carbone. Face à tous ces bénéfices, Sea Shepherd a décidé d’agir plus promptement.

L’ONG compte désormais prendre les chalutiers par la proue. « Depuis 2018, les écologistes documentent et dénoncent cette pêche destructrice année après année, mais la seule documentation ne parvient pas à y mettre un terme. Au bout d’un moment, il faut passer à l’action », a déclaré depuis Paris son fondateur, le capitaine Paul Watson.

Aker Qrill n’est pas d’accord avec la méthode employée

Lamya Essemlali, chargée de la campagne d’éperonnage dans l’Antarctique, affirme pour sa part que « La pêche au krill est une bombe à retardement écologique » et que « rien ne peut justifier l’exploitation industrielle d’une espèce clé dont dépend tout l’écosystème antarctique. ».

Evidemment, Aker Qrill n’est pas d’accord avec une telle lecture de la situation, ni avec la méthode employée pour se faire entendre. « Le point d’impact se trouvait directement au-dessus d’un réservoir de gazole (…) L’équipage n’a pas été blessé mais a été mis en danger dans ces eaux, où chaque minute compte », se plaint la société norvégienne dans un communiqué.

Antarctic Sea opère « légalement en vertu du droit international des traités »

Aker Qrill précise que son « navire Antarctic Sea opérait à plusieurs jours de navigation du port le plus proche et de toute capacité de sauvetage ». Secouée par l’action du groupe de militant, l’entreprise annonce une action en justice, assurant que son navire pêchait « légalement en vertu du droit international des traités ».

Son directeur général Webjorn Barstad a dénoncé en outre des « campagnes fondées sur de fausses informations, créant un climat où la confrontation remplace le dialogue ». Il fait valoir que les allégations de l’organisation ne sont « étayées par aucune donnée scientifique » et que le chalutier de krill opère sous la supervision de la CCAMLR, l’organisme composé de 27 nations qui régit la pêche en Antarctique.

Sea Shepherd assure utiliser une stratégie de « non-violence agressive » 

De son côté, Sea Shepherd assure utiliser une stratégie de « non-violence agressive » depuis des décennies pour entraver directement la chasse à la baleine, les massacres de bébés phoques ou la chasse au dauphin, « sans jamais mettre en danger les vies humaines ».

Paul Watson explique que « l’écocide est une forme de terrorisme », et que son ONG combat « l’écoterrorisme par des moyens non violents afin de protéger la vie marine contre la cupidité » des entreprises industrielles voraces. Le capitaine se moque même de l’équipage de l’Antarctic Sea, en affirmant que son navire a simplement « éraflé leur peinture et ils ont réagi comme des « drama queens » effrayées. ».

Auteur de l’article : EcoloBizz

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