Nestlé a annoncé jeudi un bénéfice net en baisse de 17% en 2025 et un chiffre d’affaires en repli de 2%. C’est mieux qu’attendu. Pour 2026, le géant suisse de l’agroalimentaire vise une croissance d’environ 3% à 4%, en prenant en compte l’impact des ruptures de stock à la suite du rappel des laits infantiles. Cette année, il misera sur une stratégie autour de quatre domaines d’activité : le café, les produits pour animaux de compagnie, la nutrition et les marques régionales de premier plan dans les produits culinaires et snacks.
Le groupe suisse Nestlé a dévoilé jeudi des résultats annuels 2025 supérieurs aux attentes. Il a déclaré un bénéfice net en baisse de 17% à 9 milliards de francs suisses (9,9 milliards d’euros), et un chiffre d’affaires en repli de 2% à près de 89,5 milliards de francs. C’est mieux qu’attendu. Les analystes tablaient en moyenne sur un bénéfice net en baisse de 10,08 milliards de francs et 89,57 milliards de francs de chiffre d’affaires. Quant à la croissance organique, elle a atteint 3,5% l’an dernier, avec une croissance interne réelle de 0,8% et un effet prix de 2,8%.
Nestlé a essuyé plusieurs revers ces dernières années
Nestlé indique que l’évolution de ses parts de marché s’est améliorée considérablement en 2025, avec la croissance de la part de ses marques principales redevenue positive. C’est « la meilleure performance depuis plus d’une décennie », souligne la multinationale. Depuis la vague d’inflation de 2022, en particulier, l’entreprise enregistrait un recul de la croissance de ses plus de 2000 marques (cafés solubles Nescafé, bouillons Maggi, barres chocolatées KitKat…).
En cause, la hausse des prix, qui pousse les ménages à tailler dans leurs dépenses au profit des marques de distributeurs des supermarchés. La société a également essuyé plusieurs revers, dont le scandale autour des pizzas Buitoni en 2022, l’affaire de ses eaux en bouteille en 2024 et le vaste rappel de laits infantiles depuis décembre 2025.
Nestlé assure que « ses standards sont plus stricts que les règles de référence européennes »
Pour le dernier dossier cité, Nestlé avait lancé un premier rappel en décembre 2025, après avoir détecté sur une ligne de production aux Pays-Bas de petites quantités d’une toxine pouvant provoquer des vomissements et des diarrhées. Suite à des analyses ayant permis d’identifier comme source de la contamination une huile riche en acide arachidonique, produite par un fournisseur, le groupe a procédé à un plus large rappel début janvier.
Celui-ci a touché plus de soixante pays dans le monde. Il serait maintenant « terminé » d’après Nestlé, qui assure que « ses standards sont plus stricts que les règles de référence européennes », avec « des tests approfondis, avant, pendant et après la production ». Le leader de l’alimentation affirme en outre avoir fait appel à d’autres fournisseurs.
Quatre domaines d’activité prioritaires en 2026
Les scandales n’ont pas n’ont pas concernés que les produits, mais aussi les ressources humaines. En septembre 2025, Nestlé a licencié son directeur général Laurent Freixe suite à une relation amoureuse non-déclarée avec une subordonnée directe. Son prédécesseur, Mark Schneider, lui, avait été brutalement évincé en août 2024 dans un contexte d’érosion des ventes. Le nouveau patron Philipp Navratil, anciennement à la tête de Nespresso, a la charge de redresser le groupe en 2026, avec l’objectif d’atteindre une croissance d’environ 3% à 4%.
Pour réussir sa mission, il mettra l’accent sur les marques « les plus fortes », une optimisation de l’allocation des ressources et une hausse des investissements sur les produits « à fort potentiel ». Il compte surtout miser sur quatre domaines d’activité prioritaires : le café, les marques régionales de premier plan dans les produits culinaires et snacks, les produits pour animaux de compagnie et la nutrition (les deux derniers segments représentent 70% du chiffre d’affaires).
