Très tendance, la vaisselle ancienne séduit par son esthétique et sa solidité. Les personnes en quête de récipients durables les apprécient particulièrement. Pourtant, 60 millions de consommateurs met en garde contre leur utilisation au quotidien, car certains de ustensiles de cuisine peuvent contenir des métaux lourds dangereux pour la santé humaine. L’organisme donne quelques conseils pour limiter les risques.
C’est une tendance forte du vintage depuis quelques années. Les chineurs recherchent dans les bazars et les brocantes, les ustensiles de grand-mère (assiettes, plats, saucières et verres anciens) pour les utiliser à table, au quotidien comme pendant les fêtes. La vieille vaisselle plaît par son esthétique et sa solidité, comparée aux articles ultra fragiles de nos jours. Malheureusement, elle peut représenter un risque pour la santé humaine. Selon 60 millions de consommateurs, les anciens récipients contiennent parfois des niveaux de métaux lourds dangereux pour notre organisme.
Des échantillons de vaisselle ancienne analysés en laboratoire
L’association de consommateurs dit avoir fait analyser de la vaisselle ancienne par des spécialistes pour émettre cette alerte. « Une centaine d’échantillons de vaisselle nous sont envoyés chaque année pour analyse », confirment Éric Swanet, ingénieur chimiste et spécialiste en émaux alimentaires, et sa femme Joëlle Swanet, professeure de technologie céramique, spécialisée en santé et sécurité, cités par l’organisation. « Nous ne prétendons pas que toutes les pièces anciennes sont problématiques, mais une bonne partie le sont », précise le couple. Ainsi, toutes les pièces ne sont pas contaminés par des métaux lourds. Alors, comment reconnaître celles qui sont à risques ?
Une partie seulement des récipients de grand-mère contaminée au plomb et au cadmium
D’après 60 millions de consommateurs, la vaisselle ancienne concernée est celle qui date du début du XXe siècle jusqu’en 1950 environ. À cette époque, la cuisson à basse température de la faïence nécessitait l’emploi de métaux lourds dans l’émail. Cette méthode peut causer des contaminations chimiques, notamment au plomb et au cadmium, des métaux présents dans certains coloris.
Reconnu cancérogène et toxique pour la reproduction, le cadmium se trouve dans les pigments d’émail rouge-orangé. Quant au plomb, il a été massivement utilisé autrefois pour obtenir de belles couleurs à basse température. Contrairement à d’autres métaux, il ne s’épuise pas. Ainsi, tant que l’émail est présent, il peut migrer dans les aliments, surtout si la faïence est ébréchée ou fêlée. Les spécialistes ont rapporté plusieurs cas d’intoxications sévères au plomb du fait de l’utilisation de céramique ancienne.
Des marques plus concernées que d’autres par la contamination aux métaux lourds
L’association 60 millions de consommateurs ajoute que certaines marques sont concernées plus que d’autres par la contamination aux métaux lourds. Elle cite en particulier Villeroy et boch , marque lorraine bien connue des brocanteurs. Éric et Joëlle Swanet se disent effarés par « les cahiers de laboratoire » du fabricant – autrement dit par les niveaux de substances toxiques repérés dans sa céramique ancienne.
Toutefois, il n’y a pas matière à lancer des pierres sur la vaisselle ancienne de Villeroy et boch. En effet, l’histoire des objets domestiques est liée à celle de techniques et de pratiques désormais dépassées car incompatibles avec les exigences sanitaires actuelles. De ce fait, il faut regarder les objets patrimoniaux pour ce qu’ils sont, des produits beaux et durables, mais en accordant une attention particulière à leur usage.
Il existe des tests pour se renseigner sur la présence et le taux de métaux lourds dans la vaisselle ancienne
Pour limiter les risques, les spécialistes conseillent de ne pas utiliser la vaisselle ancienne au quotidien pour les repas, mais de la privilégier pour y déposer des aliments qui seront ensuite épluchés ou de s’en servir en simple présentoir. Elle sied particulièrement comme compotier pour les aliments acides tels que les agrumes et les cornichons, qui favorisent la libération de métaux lourds. Les experts soulignent également qu’il existe des moyens de connaître de la vaisselle contaminée.
En effet, on trouve dans le commerce des tests à réaliser soi-même. Il y en a de deux sortes. D’une part, des tests qui renseignent sur la présence de plomb dans l’émail sans évaluer le potentiel de migration des métaux lourds D’autre part, des dispositifs qui évaluent le taux de métaux ayant été libérés, mais nécessitent un équipement adapté pour obtenir une précision suffisante. Contrairement aux premiers, les seconds ont un grand intérêt. Cependant, ils ne constituent qu’un premier indice, à confirmer en laboratoire. Ces tests coûtent en moyenne une centaine d’euros.
