Maersk accélère sa décarbonation

Le leader mondial du fret a décidé de raccourcir d’une décennie l’horizon de son objectif zéro carbone. Une décision motivée entre autres par les pressions du marché.

Pour Maersk, l’objectif d’émission net en carbone ne sera plus en 2050, mais dix ans plus tôt. Ainsi que l’ont annoncé les responsables de l’entreprise mercredi 12 janvier. À en croire la directrice générale du groupe, Henriette Hallberg Thygesen, ce réajustement devait de toute façon advenir, car, affirme-t-elle auprès de Reuters, « les précédents objectifs climatiques n’étaient pas très spécifiques ».

Le numéro un mondial de transport maritime des conteneurs s’était en effet promis il y a quatre ans d’atteindre la neutralité carbone en 2050, en comptant notamment sur le développement progressif du secteur des carburants dits propres et les nouveaux moyens de décarbonation des chaînes d’approvisionnement.

Marché plus enclin à la décarbonation

Justement, les évolutions constatées dans ces secteurs semblent avoir convaincu Maersk de la possibilité d’une décarbonation plus tôt. Henriette Hallberg Thygesen cite à cet effet les avancées technologiques dans l’industrie du transport du fret, dont le développement de navires de moins en moins gourmands en énergies polluantes. À l’image du méthanol neutre en carbone auquel la firme danoise se convertit depuis. Elle a passé commande de douze navires au total roulant à l’aide de ce carburant à ce jour.

Maersk dont les objectifs climatiques concernent l’ensemble de ses activités, y compris les émissions indirectes de dioxyde de carbone, a fixé l’horizon intermédiaire à 2030. La société espère à cette échéance, une réduction de 50 % et de 70% de ses émissions, respectivement pour chaque conteneur transporté et les terminaux sous son contrôle. Plus globalement, le géant du fret maritime prévoit de mener le quart du volume de cette activité grâce au biocarburant d’ici la fin de cette décennie.

Besoins du marché  

Sa patronne est d’ores et déjà dans ce cadre, en négociations pour un approvisionnement conséquent en énergie verte, la clé de cette ambition climatique actualisée. Cela ne sera pas une mince affaire au regard du coût encore relativement élevé de ces nouveaux carburants. Mais Maersk, comme nombre de ses concurrents ont-ils vraiment le choix ? Sollicité à 90% par le commerce international, le secteur du transport maritime dont les émissions de Co2 représentent 3% du total mondial est pressé de toute part d’opérer sa décarbonation. À tel point que les groupes comme Amazon et Ikea ont récemment émis le vœu de voir des cargos neutres en carbone dès 2040.

Auteur de l’article : Lizz Thiam

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