France : le e-commerce entame une timide verdisation

Des spécialistes du commerce en ligne se sont engagés à œuvrer pour la réduction de leur empreinte carbone en France. Initiative louable, mais dont les retombées risquent d’être modestes, faute d’un cadre juridique et de l’adhésion d’Amazon.

Il semble y avoir comme une prise de conscience dans le secteur de la vente en ligne en France sur la question de l’environnement. En partenariat avec le gouvernement fin juillet, quinze de ces firmes chapeautées par la Fédération du e-commerce et de la vente à distance (Fevad) parmi lesquelles : Fnac-Darty, Sarenza, Veepee ou encore Ebay se sont engagées à agir sur un certain nombre de leviers afin de réduire leur empreinte carbone. Il s’agit d’abord de réduire d’environ 75 %, la quantité d’emballages utilisés pour la livraison. À cet effet, rassembler les produits d’une même commande dans un seul emballage pourrait être une solution.

Les entrepôts sans lesquels ces entreprises ne sauraient conserver leurs articles sont également ciblés. Ils devront être dorénavant construits sur des espaces agricoles abandonnés plutôt que sur des espaces naturels comme c’est encore trop souvent le cas actuellement.

Afin de responsabiliser les clients, il sera désormais indiqué à travers un système de transparence, l’impact écologique de leur préférence de livraison, conformément au souhait de 90 % d’entre eux, selon des chiffres récemment révélés par le Sénat. Par ailleurs, les e-commerçants entendent mettre fin à la fourniture d’un même article sous différentes références. Cette pratique très employée par les clients participe des retours produits qui constituent un désastre pour l’environnement.

Seulement des effets d’annonce ?

Toutes ces mesures à venir ont de quoi ravir les défenseurs de l’environnement. À l’image de l’ONG France Nature et Environnement (FNE) qui en reconnaît la nécessité à travers Thomas Lesperrier, un de ses experts. D’autant que le e-commerce représente aujourd’hui pas moins de 13% de l’ensemble des activités commerciales en France et qu’une personne achète en moyenne jusqu’à quatre fois par mois sur ces plateformes.

Mais l’enthousiasme sur les effets de cette charte sur l’environnement pourrait être amoindri par certains facteurs. D’abord l’absence de cadre juridique qui laisse aux marketplaces la latitude de respecter ou non leurs engagements. L’autre point d’inquiétude quant à cet accord tient à l’absence d’Amazon. Le géant américain qui vampirise le secteur de la vente électronique dans le monde – 20% des parts de marché rien qu’en France – ne figure pas encore parmi les quinze signataires. De quoi remettre en cause la viabilité de la charte malgré toute la bonne volonté qui l’a fait naître.

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