Hydrogène vert : la Commission européenne pressée d’accélérer le développement de cette énergie propre

 

Sous l’impulsion de six pays dont la France et l’Allemagne, la Commission européenne a présenté jeudi dernier sa stratégie pour accélérer le déploiement de l’hydrogène vert sur le continent. Cette transition énergétique se fera par étapes successives, pour une première échéance à 2024.

Depuis quelques années, l’hydrogène s’est invité dans le débat énergétique en Europe. Mais, jusqu’ici, les différentes initiatives ont surtout été circonscrites au sein de quelques pays, principalement la France et l’Allemagne. Le premier a récemment annoncé un investissement de 1,5 milliard d’euros d’ici 2022 pour mettre au point un avion à hydrogène. Tandis que le second compte débloquer 9 milliards d’euros pour développer sa filière de production d’hydrogène.

Une stratégie pour l’intégration du système énergétique et une stratégie pour l’hydrogène

Dans le but d’accélérer le déploiement de cette source d’énergie vertueuse et conjuguer les efforts, six pays (la France, l’Allemagne, la Belgique, les Pays-Bas, le Luxembourg et l’Autriche) ont officiellement demandé à la Commission Européenne de mettre au point un plan de développement de l’hydrogène. Les six demandeurs, soutenus par la Suisse, ont dit attendre une feuille de route avec des objectifs communs, pour une première échéance à 2030. C’est dans ce cadre que la Commission européenne a présenté deux stratégies en faveur de la transition énergétique : une stratégie pour l’intégration du système énergétique et une stratégie pour l’hydrogène. Elle a par ailleurs lancé une alliance européenne pour un hydrogène propre.

« Dans un système énergétique intégré, l’hydrogène peut soutenir la décarbonation dans les secteurs de l’industrie, des transports, de la production d’électricité et de la construction dans toute l’Europe. La stratégie de l’UE pour l’hydrogène examine comment concrétiser ce potentiel, au moyen de l’investissement, de la réglementation, de la création de marchés ainsi que de la recherche et de l’innovation », explique la Commission européenne.

Un déploiement progressif jusqu’à 2050

Cette stratégie pour l’hydrogène a hérité d’un calendrier en trois étapes. D’abord de 2020 à 2024, la Commission soutiendra l’installation d’une capacité d’au moins 6 gigawatts (GW) d’électrolyseurs sur le territoire européen, afin de produire jusqu’à un million de tonnes d’hydrogène renouvelable. Ensuite de 2025 à 2030, elle prévoit une capacité d’au moins 40 gigawatts d’électrolyseurs pour une production allant jusqu’à dix millions de tonnes d’hydrogène renouvelable. Objectif : permettre à ce gaz d’intégrer entièrement notre système énergétique. Enfin, de 2030 à 2050, la Commission travaillera pour que les technologies utilisant l’hydrogène renouvelable atteignent leur maturité et soient déployées à grande échelle dans tous les secteurs difficiles à décarboner.

Distinguer l’hydrogène renouvelable de l’hydrogène décarboné

La priorité est de développer l’hydrogène renouvelable (vert), produit principalement à partir des énergies éolienne et solaire. Toutefois, à court et à moyen terme, d’autres formes d’hydrogène bas-carbone interviendront pour réduire rapidement les émissions et soutenir le développement d’un marché viable ». Il s’agit notamment de recourir au captage et au stockage du dioxyde de carbone ou d’autres modes de production d’électricité à faibles émissions de carbone. La Commission veut distinguer l’hydrogène renouvelable de l’hydrogène décarboné, grâce à des critères de référence et une certification.

A l’heure actuelle, l’hydrogène ne représente que 2% dans le mix énergétique de l’Europe. D’après Kadri Simson, la commissaire européenne à l’énergie, cette part pourrait atteindre jusqu’à 16% d’ici 2050.

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