Coronavirus : les circuits courts en plein boom

 

Depuis quelques semaines, les circuits courts gagnent du terrain grâce à la pandémie du coronavirus. Les acheteurs préfèrent s’approvisionner en produits frais près de chez eux par peur de rencontrer du monde au supermarché ou en soutien aux producteurs locaux en manque de débouchés.

3 000 commandes par semaine contre 2 000 habituellement

Alors que les ventes en supermarché ont chuté ces dernières semaines, à cause du coronavirus, les circuits courts ont le vent en poupe. En effet, par peur d’aller au supermarché, par solidarité avec des producteurs locaux en manque de débouchés, ou simplement par envie de mieux manger, les Français se tournent davantage vers ces circuits de commercialisation. Et les acteurs en profitent pleinement.

C’est le cas notamment de Kelbongoo, qui propose des produits d’agriculteurs basés en Picardie dans trois magasins parisiens. Cette entreprise enregistre actuellement environ 3 000 commandes par semaine, contre 2 000 habituellement. « On a vraiment eu une très grosse augmentation du nombre de commande », confie Natacha Gan, la responsable communication et développement. « Nos commandes ont augmenté de 30 à 40 %, le trafic sur le site a été multiplié par 5 et le panier moyen est en hausse de 40 % », précise-t-elle.

Les producteurs peuvent écouler leurs produits

Par respect des consignes sanitaires, Kelbongoo a organisé des créneaux de retrait pour les clients, avec en priorité les personnes à risque et le personnel soignant. L’entreprise teste par ailleurs la livraison à domicile. « Notre boutique rue du Borrégo, à Paris reçoit actuellement 400 commandes en une heure contre 2 ou 3 jours d’habitude, a indiqué Natacha Gan. Nous allons donc essayer de développer la livraison la semaine prochaine pour l’ensemble de nos clients avec la coopérative de livreurs à vélo Olvo ».

Le confinement profite également au réseau La Ruche qui dit Oui! : « Depuis un mois, nous avons enregistré une hausse de 70 % de notre chiffre d’affaires, une augmentation de taille de 30 % du panier moyen », détaille Grégoire de Tilly, le président de l’entreprise.

Pour les producteurs, qui ne peuvent plus écouler leurs marchandises auprès des restaurateurs, les affaires sont évidemment au vert. « Nos producteurs actuels ont vraiment besoin de nous. Beaucoup travaillent d’habitude sur des marchés ou avec la restauration scolaire, donc ils prennent la crise de plein fouet », explique encore Natacha Gan.

« Cette crise va ouvrir les yeux sur le système alimentaire actuel »

La question est maintenant de savoir si ces nouvelles habitudes de consommation se maintiendront après la crise du coronavirus. Tout dépendra de la capacité des circuits courts à se réinventer et à s’adapter. Natacha Gan estime que « L’enjeu pour les circuits courts aujourd’hui va être de sortir de la petite échelle, de démocratiser le système avec des prix accessibles ». Enfin, elle espère « que cette crise va ouvrir les yeux sur le système alimentaire actuel. Que les gens vont se rendre compte que derrière leur acte d’achat, il y a toute une chaîne économique ».

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