Sécheresse : le gouvernement donne son accord pour la création de retenues d’eau

 

Le ministre de l’Agriculture annonce la création d’une soixantaine de retenues d’eau sur le territoire d’ici 2022, alors que les Assises de l’eau préconisait une utilisation raisonnée de cette ressource. Si la réponse de Didier Guillaume à la sécheresse satisfait les syndicats agricoles, elle est perçue comme une fausse solution par les associations écologistes.

« Pourquoi les écologistes seraient contre a priori ? »

Le ministre de l’Agriculture a annoncé la création d’une soixantaine de retenues d’eau dans les régions d’ici 2022. Didier Guillaume a justifié qu’« On ne va pas regarder l’eau tomber du ciel pendant six mois et la chercher les six autres mois de l’année ». En faisant une telle annonce, le ministre de l’Agriculture sait qu’il répond aux revendications des agriculteurs confrontés à une sécheresse qui s’aggrave d’année en année. Et il croit aussi que les associations écologistes applaudissent cette décision. « Pourquoi les écologistes seraient contre a priori ? », a interrogé le ministre. Pourtant ces associations de protection de l’environnement pensent que la création de retenue d’eau est une fausse solution à la sécheresse.

Une retenue d’eau aggraverait la situation

Pour les écologistes, ce n’est pas ce que le gouvernement disait ces dernières semaines et ce n’est surtout pas ce que préconisaient les Assises de l’eau. La secrétaire d’Etat à la Transition écologique Emmanuelle Wargon a mis en avant la sobriété des usages, précisant que la protection de l’eau était l’affaire de tous : agriculture, industrie, collectivités et grand public. Cet appel vaut surtout pour l’agriculture. Selon France Nature Environnement (FNE), qui s’appuie sur chiffres issus du rapport annuel du Conseil d’Etat de 2010, « En France, l’agriculture c’est 48 % de la consommation d’eau, avec un pic sur les trois mois d’été où elle représente jusqu’à 80 % de l’eau consommée sur le territoire. Cette grande soif est particulièrement liée à l’irrigation, utilisée sur moins de 6 % des surfaces de production agricole ».

La FNE voit en cette annonce le résultat du lobbying de certains syndicats d’irrigants, qui ont malheureusement obtenu l’assouplissement de critères écologiques pour faire financer des projets de stockages artificiels. Elle avertit que les barrages sont « une fausse solution face au dérèglement climatique » et qu’ils ont un impact négatif sur la biodiversité. « Faire un barrage, c’est aggraver les sécheresses en aval », explique l’association.

Construire une nouvelle politique de la sobriété

Quelle serait alors la solution ? Les écologistes rappellent un communiqué commun publié à l’occasion de la clôture des Assises de l’eau La solution : « Il faut rapidement mettre notre pays en situation de résilience en construisant une nouvelle politique de la sobriété, en restaurant les milieux aquatiques et les capacités d’infiltration des sols pour qu’ils nous aident à ralentir le cycle de l’eau ».

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