Le projet de Didier Guillaume

Le ministre de l’agriculture, Didier Guillaume, a présenté ses attentes, ses ambitions et son analyse de la transition en cours dans l’agriculture française et des formes qu’elle doit prendre dans le futur. Il lancera un plan d’amélioration de la qualité de l’alimentation des Français qui tirerait à une meilleure rémunération des producteurs agricoles et à un meilleur rapport qualité-prix pour les consommateurs. Il est un fervent soutien du bio à propos duquel il déclare : « La transition vers le bio est irréversible et nous devons y aller ».

Il a accordé ses propos à France Inter. Il a vivement défendu la loi Alimentation qui n’est pas encore active. Pour lui, il « ne peut pas y avoir de la nourriture pour les riches et de la nourriture pour les pauvres ». Selon le ministre, cette loi est une passerelle vers l’égalité des citoyens devant l’alimentation.

Didier Guillaume a mis en avant une politique volontariste de la part de l’exécutif sur ces questions en soulignant qu’un milliard supplémentaire a été débloqué pour l’aide à la conversion agricole. Il a reconnu ne pas s’être encore penché sur la question du bien-être animal. Monsieur Guillaume confie par contre craindre la radicalisation des militants végans : « Il n’est pas pensable à notre époque que l’on brûle un abattoir ».

Le ministre est d’ailleurs resté étrangement silencieux sur le scandale des bébés soufrant de malformation alors que le premier suspect est un produit agricole. Il y a dix jours il avait remis en cause la culpabilité de ce produit, mettant au défis les scientifiques d’en apporter des preuves. Pour Jean-Michel Aphatie sur Europe 1 : « Sa réponse pose un vrai problème politique : un ministre, quel que soit son domaine d’action, doit défendre l’intérêt général et pas l’intérêt des seuls acteurs de son ministère contre les intérêts du reste de la société. En répondant comme il l’a fait, Didier Guillaume a pris fait et cause pour les fabricants et les utilisateurs de pesticides en laissant totalement de côté les consommateurs. Dans son raisonnement, on comprend qu’il accepte l’idée que les consommateurs s’intoxiquent avec les pesticides jusqu’à ce que les scientifiques établissent la nocivité du produit. C’est une réponse effarante ».

 

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