Aliou Diallo : le pionnier malien de l’hydrogène en passe de remporter son pari

L’homme d’affaires malien Aliou Boubacar Diallo est en passe de remporter son pari… et peut-être d’initier une véritable révolution énergétique. Selon une récente étude scientifique, les réserves estimées du champ d’hydrogène dans lequel il a massivement investi depuis plusieurs années seraient largement supérieures aux projections. De quoi laisser entrevoir une exploitation industrielle à moyen-terme.

Quand Aliou Diallo a choisi, au début des années 2000, d’investir dans le gisement d’hydrogène naturel du bassin de Bourakébougou, à une cinquantaine de kilomètres de Bamako, beaucoup d’observateurs et de scientifiques étaient sceptiques. A l’époque, la possibilité d’exploiter les gisements continentaux d’hydrogène naturel faisait débat.

Pas de quoi refroidir les ardeurs de l’homme d’affaires, également exploitant d’une mine d’or industrielle, qui a financé sur ses propres deniers la construction d’une unité-pilote de production d’électricité à partir d’hydrogène naturel. Un premier succès qui permet depuis 2011 d’alimenter en électricité les communautés rurales voisines du gisement.

L’exemple malien est devenu un cas d’école pour les scientifiques du monde entier, qui ont pu constater que la production d’électricité à partir d’hydrogène était possible. Au cours des dix dernières années, d’autres champs ont été découverts aux quatre coins du monde et de plus en plus de personnalités estiment que l’hydrogène naturel pourrait initier une nouvelle révolution énergétique.

L’hydrogène naturel est en effet une énergie propre, n’émettant pas de CO2, et renouvelable. L’hydrogène est un flux qui se crée et circule : il s’agit de le capter et non de vider des réserves comme avec le pétrole.

Les évolutions de la science laissent à penser depuis plusieurs années qu’Aliou Diallo a été un véritable visionnaire pour le développement de l’hydrogène naturel dans le monde. De récentes études scientifiques sur le bassin de Bourakébougou laissent désormais penser que l’homme d’affaires pourrait être assis sur des réserves beaucoup plus importantes qu’il ne le pensait jusqu’à présent, et que l’exploitation industrielle du champ pourrait s’accélérer significativement au regard de son potentiel.

En effet, d’après une étude menée par l’équipe du professeur Alain Prinzhofer et parue dans la revue spécialisée International Journal of Hydrogen Energy, le diamètre du champ d’hydrogène naturel de Bourakébougou pourrait s’étaler sur plus de 150 kilomètres au lieu des huit kilomètres estimés jusqu’alors. Au moins cinq réservoirs ont été identifiés.

« Il est possible de confirmer la présence d’un important champ d’hydrogène qui comprend au moins cinq réservoirs superposés qui contiennent chacun des quantités importantes d’hydrogène sur une surface estimée qui dépasse largement les huit kilomètres de diamètre », précise l’étude avant d’indiquer que le bassin de Bourakébougou possède « les caractéristiques géologiques et géochimiques uniques d’un système d’hydrogène actif ».

Les scientifiques ont déterminé que l’hydrogène présent était « relativement pur », et donc propre à être exploité, et que « la géochimie de surface indique que la présence d’hydrogène pourrait s’étendre jusqu’à des distances de plus de 150 kilomètres ». Selon le professeur Prinzhofer, « cela ouvre des perspectives nouvelles pour une future exploitation industrielle de l’hydrogène ».

 

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