Depuis la semaine dernière, un nouveau groupe d’e-commerce bouscule Amazon en Europe. Il s’agit de Joybuy, filiale du groupe chinois JD.com. La plateforme mise sur une logistique éclair, un abonnement accessible et une politique « zéro contrefaçon » pour concurrencer valablement l’entreprise de Jeff Bezos. Mais celle-ci a des ressources pour maintenir son monopole.
Joybuy, la filiale européenne du géant chinois JD.com, a ouvert ses premiers magasins en Europe la semaine dernière, en France, en Allemagne, en Belgique, au Luxembourg, aux Pays-Bas et au Royaume-Uni. Elle promet de livrer les clients avant 23 h sur le principe du « double 11 ». Cette stratégie veut que toute commande passée sur le site avant 11 heures du matin soit livrée avant 11 heures du soir. Une belle promesse pour conquérir des parts de marché sur le vieux continent, où la rapidité des services est devenue un critère principal
Joybuy a ouvert 60 entrepôts en Europe
Pour tenir ses délais de livraison, Joybuy s’appuie sur un réseau de 60 entrepôts en Europe, dont un hub géant de 63 000 mètres carrés situé à Tournan-en-Brie, en Seine-et-Marne. La plateforme compte aussi sur une flotte de camions, des fourgonnettes et des vélos électriques, ainsi que des centaines de livreurs en CDI.
Toutefois, la livraison en un temps record annoncée n’est pour l’instant possible que quelques grandes villes. En France, c’est l’Île-de-France (12 millions d’habitants) qui a été choisi pour le lancement. Suivront rapidement d’autres grandes métropoles, comme Lyon et Marseille. Hors région, la société promet des livraisons à J + 1 ou J + 2 via La Poste et 17 000 points relais.
La livraison à domicile gratuite pour toute commande supérieure à 29 euros
Joybuy propose un catalogue de 30 000 références. Parmi les catégories de produits, on retrouve les incontournables tech, électroménager, beauté, entretien, maison, jouets, mode, produits du quotidien, alimentation…Ces articles sont issus de 2 000 marques internationales (Apple, Lego, Samsung, Sony…), chinoises (Xiaomi, DJI et d’autres anonymes en Europe) ou françaises (Le Creuset, Le Marquier, Lucien Georgelin, Goudale…).
A noter, la livraison à domicile est gratuite pour toute commande supérieure à 29 euros. En dessous, elle coûte 3,99 euros. Et si on ne veut pas payer, il est toujours possible de retirer le colis dans les points relais. Il existe également un système d’abonnement à 3,99 euros/mois (ou 19,99 euros/an), avec livraisons illimitées à la clé.
Joybuy veut se démarquer de la mauvaise image que renvoient les marques chinoises
Après les controverses qui ont touché récemment des géants du commerce chinois, comme Temu et Shein, Joybuy veut se démarquer de la mauvaise image que renvoient les marques de l’empire du milieu. « On évite à tout prix l’amalgame, c’est notre but et on est vraiment différent », assure Thibaut Delebarre, le directeur marketing France de la plateforme.
Par exemple Joybuy ne fait pas de dropshipment (commande au fournisseur pour livrer directement le client, sans gérer de stock). Le groupe revendique aussi une politique zéro contrefaçon, tentant là encore de gommer la piètre réputation de certaines entreprises chinoises, comme Alibaba.
Amazon a des atouts dans la manche pour rester leader
L’offre de Joybuy a de quoi inquiéter Amazon, leader mondial du e-commerce. Cela d’autant que les Chinois investissent sans compter. Mais la firme américaine bénéficie déjà d’une belle notoriété. Aussi, elle possède une bonne avance en matière de livraison le jour même. La société a récemment lancé à Montpellier une livraison encore plus rapide : tout produit commandé le matin, arrive le soir à destination (entre 19h et 22h).
Aux Etats-Unis, Amazon teste même en ce moment, dans certains quartiers de Philadelphie et de Seattle, la livraison en seulement 30 minutes maximum ! Si c’est bien d’être aussi fast, quid de l’impact environnemental de tels services ? Les acteurs du « dernier kilomètre de livraison » assurent y penser. Ils promettent notamment des véhicules zéro émission.
