Essence : pas de nouvelles aides à l'achat pour le moment ?

Essence à la pompe : pas de nouvelles aides à l’achat pour le moment

En raison de la guerre au Moyen-Orient, les prix de l’essence à la pompe augmentent allègrement depuis plus de dix jours. De nombreuses stations affichent un prix au litre supérieur à 2 euros, et jusqu’à 2,60 euros chez certains distributeurs à Paris. Pourtant, le gouvernement affirme qu’il est « trop tôt » pour parler de nouvelles aides à l’achat de carburant. Il assure également qu’il n’y a « pas de risque de pénurie » à ce stade, qu’il s’agisse de pétrole, de gaz ou d’électricité.

Après plus de dix jours de guerre entre l’Iran et la coalition américano-israélienne, les marchés de l’énergie restent sous tensions. Le détroit d’Ormuz, par lequel transite environ 20 % de l’offre mondiale de pétrole et gaz naturel liquéfié (GNL), reste quasi paralysé par la République islamique, qui s’en prend aussi aux raffineries des pays du Golfe persique. Si le baril du Brent est repassé sous la barre des 100 dollars depuis mardi (87,80 dollars ce mercredi matin), les prix de l’essence à la pompe ne redescendent pas pour autant. Ils continuent de grimper allègrement, poussés par la ruée des automobilistes dans les stations.

« Trop tôt pour parler de nouvelles aides à l’achat de carburants »

Face à la flambée des prix à la pompe, les Français souhaitent de nouvelles aides à l’achat de carburant, comme cela a été fait après l’éclatement de la guerre en Ukraine. Mais le gouvernement écarte pour l’instant cette option. Sa porte-parole Maud Bregeon a répondu lundi qu’« il est trop tôt pour en parler. », mais que l’Etat étudie « tous les scénarios » pour prendre une décision au besoin. « Nous sommes dans une situation très différente de celle de 2022, puisque le parc nucléaire fonctionne à plein (…) Nous sommes moins dépendants du gaz que ce que nous étions dépendants il y a trois ou quatre ans », a-t-elle justifié.

La France envisage de recourir aux réserves stratégiques pour contrer une flambée des prix de l’essence

Cette déclaration est intervenue après que les pays du G7, dont la France, ont dit envisager d’avoir recours aux réserves stratégiques pour contrer une flambée des prix, et éloigner le risque de pénurie. De son côté, l’Agence internationale de l’énergie (AIE) a dit projeter le plus important déblocage de réserves de pétrole de son histoire afin de faire baisser les prix du brut.

L’organisme souhaite dépasser les 182 millions de barils de pétrole mis sur le marché par les pays membres de l’AIE en deux phases en 2022, au moment de l’invasion de l’Ukraine par la Russie. Maud Bregeon a assuré lundi qu’il n’y avait « pas de risque de pénurie » à ce stade, qu’il s’agisse de pétrole, de gaz ou d’électricité.

Des contrôles pour identifier ceux qui augmentent abusivement les prix de l’essence à la pompe

Pour sa part, le Premier ministre Sébastien Lecornu a annoncé dimanche 500 contrôles dans les stations-service par la répression des fraudes (DGCCRF), entre lundi et ce mercredi, pour éviter les « hausses abusives des prix à la pompe ». Si l’autorité a détecté 15% de problèmes sur 231 contrôles au premier jour, de nombreuses stations affichent ce matin un prix au litre supérieur à 2 euros. On attend désormais la réaction du chef du gouvernement.

Maud Bregeon a déjà prévenu que l’exécutif « n’hésitera pas à pointer du doigt ceux qui profiteraient de la situation » au Moyen-Orient. La ministre déléguée à l’Énergie a prévu de recevoir à nouveau, en fin de semaine, les distributeurs avec le ministre de l’Economie Roland Lescure, « pour faire un point, un état des lieux avec eux en fonction des résultats des trois jours ».

Le gouvernement ne veut pas baisser les taxes sur les carburants

Si le gouvernement se donne du temps, plusieurs partis politiques, dont le Rassemblement national et La France insoumise, ont appelé à une baisse des taxes sur les carburants et à un blocage des prix. Jordan Bardella (RN), notamment, dit soutenir la baisse « des taxes sur le carburant pour que l’État ne s’enrichisse pas durant la crise et redonne ces gains (…) anormaux liés à un contexte de crise, directement à nos compatriotes ».

Cependant, Mme Bregeon estime qu’une baisse de la TVA et de l’accise sur les produits pétroliers (l’ancienne taxe TICPE) serait « inconcevable ». Selon elle, cette mesure entraînerait un trou de près de 20 milliards d’euros dans le budget de l’État. Roland Lescure, lui, martèle que l’accise « ne dépend pas du prix du carburant ». Néanmoins, l’Union européenne à appeler les pays membres qui le peuvent à suspendre les taxes sur l’énergie.

Auteur de l’article : EcoloBizz

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