Avant le Mercosur, l’UE conclut un accord commercial historique avec l’Inde

Mardi 27 janvier, l’Union européenne (UE) et l’Inde ont officialisé la conclusion d’un vaste accord commercial, au terme de vingt ans de négociations. Ce traité de libre-échange prévoit une réduction drastique des taxes indiennes sur la quasi-totalité des importations européennes, en particulier les voitures, le vin et les pâtes. Les pays européens pourront économiser jusqu’à 4 milliards d’euros par an en droits de douane et leurs exportations devraient plus que doubler.

Après plus de vingt ans de négociations, l’Union européenne (UE) et l’Inde ont officialisé, le mardi 27 janvier, un accord commercial ouvrant une zone de libre-échange de 2 milliards de personnes. En vertu de ce traité, les droits de douane seront supprimés ou réduits pour 90% des échanges commerciaux entre les deux zones. Commentant cet accord, le Premier ministre indien Narendra Modi a déclaré qu’il « va offrir de nombreuses opportunités » à son pays, en soulignant au passage qu’il « couvre environ 25 % du produit intérieur brut (PIB) et un tiers du commerce mondial ». Pour sa part, la présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen a affirmé que « l’Europe et l’Inde ont fait l’histoire aujourd’hui [ mardi, ndlr] » et qu’elles ont « conclu l’accord de tous les accords [qui] va bénéficier aux deux parties. ».

Ouverture du vaste marché indien de 1,5 milliard d’habitants

Grâce à ce traité de libre-échange entre Bruxelles et New Delhi, les droits de douane indiens sur les véhicules doivent passer de 110 à 10 %, ceux sur les vins de 150 à 20 % et ceux sur les pâtes ou le chocolat, actuellement à 50 %, doivent être totalement supprimés, tout comme ceux sur l’huile d’olive (aujourd’hui à 40%). À l’inverse, assure Ursula von der Leyen, aucune réduction n’est appliquée aux droits de douane sur les importations européennes de bœuf, de volaille ou de sucre, et que toutes les normes européennes en matière de santé, de sécurité et d’environnement continuent de s’appliquer aux importations en provenance d’Inde.

Aux agriculteurs européens, la présidente de la Commission européenne promet que de nouveaux débouchés s’ouvriront pour eux sur un marché de consommation vaste et de plus en plus prospère. En effet, l’Inde est le pays le plus peuplé au monde (1,5 milliard d’habitants) et celui dont l’économie de grande taille croît le plus rapidement. Supérieure à 6% par an, cette croissance soutenue fait du pays le moteur de la croissance mondiale.

Un accord commercial gagnant pour l’Europe

L’accord entre l’UE et l’Inde représente une bouffée d’oxygène notamment pour les vignerons français, confrontés à des difficultés financières depuis plusieurs mois. En France, la filière du vin est en récession à cause d’une consommation en baisse, dans un contexte économique dégradé. Le secteur trouvera dans l’Inde un très bon débouché parce que ce pays est aujourd’hui un des marchés de consommation de vins les plus dynamiques au monde. La situation est d’autant plus intéressante que les vins européens deviendront plus accessibles aux consommateurs indiens moyens. Actuellement, ils ont un prix à l’importation de plus de 11 dollars le litre. Ce qui fait qu’on ne les retrouve que dans les hôtels et restaurants de luxe, pas dans les foyers.

Un accord commercial validé avant le traité de libre-échange avec le Mercosur

Selon Bruxelles, la réduction drastique des taxes indiennes sur les importations européennes devrait permettre à l’UE d’économiser jusqu’à quatre milliards d’euros chaque année. De son côté, le Fonds monétaire international (FMI) projette que l’Inde raflera cette année au Japon le titre de quatrième économie mondiale, derrière les États-Unis, la Chine et l’Allemagne. Le géant asiatique pourrait même monter sur le podium avant 2030, selon son gouvernement.

Notons que la conclusion de l’accord entre l’Union européenne et l’Inde intervient bien avant celle avec le Mercosur, dont les négociations ont pourtant débuté il y a vingt ans. Très contesté en Europe pour des questions de concurrence et d’écologie, ce traité de libre-échange avec quatre pays sud-américains n’est pas encore entièrement validé malgré sa ratification au Paraguay par Ursula von der Leyen, après le feu vert des Etats membres de l’UE. Il doit encore franchir l’étape de la CJUE, dont un avis négatif pourrait prolonger le processus, voire y mettre fin.

Auteur de l’article : EcoloBizz

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