Groenland : le capitalisme américain veut briser le « gros bloc de glace »

Après avoir déjà exprimé l’idée d’acheter le Groenland lors de son premier mandat, Donald Trump souhaite maintenant envahir ce territoire. Si le président américain avance des enjeux de sécurité pour justifier son annexion, tout le monde sait qu’il est animé par des ambitions économiques. Car oui, le Groenland n’est pas qu’un « gros bloc de glace » comme il le prétend. Cette grande île abrite notamment des terres rares, essentielles à l’IA, aux armements de pointe et aux technologies modernes.

Depuis quelques semaines, Donald Trump manifeste un grand intérêt pour le Groenland. Il souhaite faire de ce territoire autonome du Danemark, le 51e État américain à défaut d’avoir le Canada. S’il avait voulu acheter ce pays lors de son premier mandat, comme l’Alaska a été acheté aux Russes, le président américain affirme cette fois qu’il en prendra possession, de gré ou de force. Même s’il a dit renoncer à la force ce mercredi, on sait bien qu’il s’en appropriera d’une manière ou d’une, sans l’avis des Groenlandais, si les alliés européens ne s’y opposent pas fermement.

Donald Trump qualifie le Groenland de « gros bloc de glace »

Donald Trump accuse Nuuk de faire la place aux Chinois et Russes, ce que démentent les autorités groenlandaises. Il brandit ainsi des enjeux de sécurité pour justifier son annexion, alors que les États-Unis y possèdent déjà une base militaire et ont l’autorisation d’en construire d’autres.

Personne n’est dupe. Le président républicain ne veut pas prendre ce territoire sous souveraineté danoise pour assurer la sécurité de son pays. Comme il n’a pas renversé Maduro pour lutter contre le trafic de drogue (il l’a fait pour le pétrole vénézuélien, le plus important au monde). Il prétend que le Groenland n’est qu’« un gros bloc de glace » et l’a répété ce mercredi au sommet de Davos. Mais non, ce n’est pas qu’un gros bloc de glace.

Mais ce territoire cache des trésors dans son sous-sol

Sous la glace du Groenland se cache des richesses non négligeables pour les États-Unis. Avec le réchauffement climatique, qui s’accélère, beaucoup de ressources vont d’ailleurs remonter à la surface. Quoique climato sceptique, Donald Trump n’ignore pas que la fonte des glaces peut faciliter les activités extractives. D’après divers rapports, le Groenland recèle l’une des plus grandes concentrations de minéraux jamais découvertes dans un seul territoire.

Au moins 23 des 34 minerais considérés comme des « matières premières critiques » par la Commission européenne se trouvent dans son sous-sol, ainsi que 43 des 50 matières premières critiques jugées essentielles par le gouvernement américain. Ce territoire de l’arctique cache notamment du cobalt, du graphite, du lithium, du nickel, du zinc et des terres rares, ces ressources indispensables à l’économie numérique, aux appareils électroniques et au complexe militaro-industriel. Le sol groenlandais abriterait également des gisements d’uranium, de rubis et de pétrole, ainsi que d’importants stocks de sables.

Les patrons de la Silicon valley derrière la marionnette Trump

Ces richesses font saliver les barons du capitalisme américain, notamment les patrons de la Silicon valley, qui agitent dans l’ombre Donald Trump comme une marionnette. S’étant depuis longtemps intéressés au Groenland, Jeff Bezos, le patron d’Amazon, et Bill Gates, cofondateur de Microsoft, y ont déjà investi. Via par exemple la start-up KoBold Metals, qui utilise l’intelligence artificielle pour explorer de nouveaux gisements sur ce territoire.

Cette entreprise a lancé l’année dernière ses premiers forages près de la baie de Disko, dans le sud-ouest, afin d’y prospecter du nickel, du cuivre et du cobalt. Outre les minerais et le pétrole, les patrons de la tech américains s’intéressent aux températures fraîches du Groenland et à sa proximité avec des sources géothermiques. Ils cherchent un endroit où refroidir et alimenter leurs datas centers toujours plus énergivores.

Vers un écocide en cas d’annexion du Groenland ?

Il se susurre que ce sont les dirigeants de la tech et des énergies qui ont demandé à Donald Trump de s’emparer du Groenland. En particulier Elon Musk, le PDG du groupe Tesla. Le milliardaire d’origine sud-africaine aurait joué un rôle essentiel dans cette tentative d’invasion. Il chercherait à sécuriser son accès aux métaux critiques, essentiels aux batteries et aux composants électroniques face au monopole chinois, ainsi qu’un grand espace pour les lancements de fusée Space X.

Face à ces intentions, on craint une ruée des barons noirs du capitalisme vers le Groenland en cas d’annexion de ce territoire, qui deviendrait alors le nouvel Eldorado américain. Cet appât du gain pourrait provoquer une catastrophe écologique, voire un écocide. Mais le capitalisme n’est pas à un écocide près, hélas…

Auteur de l’article : EcoloBizz

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