L’écologie contre l’environnement

L’impérieuse nécessité de la protection de l’environnement s’est désormais imposée dans le monde politique et économique français : pas un candidat à une élection, pas une seule entreprise, ne peut désormais faire l’impasse sur cet enjeu majeur du XXIe siècle. Seul bémol : en France, les apologistes de l’écologie pêchent bien souvent par un discours radical et très idéologisé. Un manque de pragmatisme et une déconnexion vis-à-vis des vrais enjeux dont, paradoxalement, l’environnement est la première victime.

« Ainsi certaines gens, faisant les empressés, S’introduisent dans les affaires : Ils font partout les nécessaires, Et, partout importuns, devraient être chassés. » Dans « le Coche et la Mouche », Jean de la Fontaine décrit une mouche qui s’attribue le mérite de l’ascension d’un carrosse par ses bourdonnements près des chevaux ou du cocher. L’auteur français illustre ainsi avec talent et ironie la vanité de ceux qui s’imaginent être indispensables quand ils ne sont qu’importuns.

En matière de protection de l’environnement en France, il y a le Coche, et la Mouche : ceux qui agissent, lentement et difficilement, L’État et les entreprises, et ceux qui s’agitent autour en vain, la nuée de responsables et d’associations écologistes.

Depuis les années 70 en France, l’écologie s’est introduite dans les débats publics. Elle est désormais devenue incontournable : les enjeux autour de la biodiversité, la multiplication des catastrophes naturelles et le réchauffement climatique ont considérablement marqué l’opinion publique.

La prise en compte de l’environnement et l’adoption d’un modèle économique et social différent est désormais inévitable. Face à cet enjeu, de nombreux pays, comme l’Allemagne ou le Japon, peuvent compter sur des mouvements politiques, des intellectuels, des entrepreneurs, pour amorcer cette transition sous le signe de l’innovation et du pragmatisme.

En France, l’écologie s’est construite depuis une trentaine d’années au travers d’une myriade d’associations, de sites internet et de partis politiques, souvent marqués par un rejet du capitalisme. Des écologistes souvent urbains, vivant dans les grandes métropoles partageant une vision mythifiée de la nature. Un positionnement qui conduit les écologistes français à multiplier les erreurs d’interprétations, à s’opposer aux mauvais projets et à proposer de mauvaises solutions, le tout, au détriment de l’environnement.

Europacity : quand l’écologie perd la tête

Dernier exemple en date de cette malheureuse tendance de « l’écologie à la française » : le projet Europacity. Depuis plusieurs années, ce gigantesque complexe culturel et commercial rencontre l’opposition de l’ensemble des mouvements écologistes et altermondialistes. Régulièrement, depuis Paris, ceux-ci se rendent sur le lieu du futur chantier entre les aéroports de Roissy et du Bourget et multiplient les manifestations et menacent d’établir une « ZAD » aux portes de la capitale. Motif de leur indignation ? Le projet Europacity représenterait une menace pour les terres arables et la biodiversité. Pourtant, l’État et les promoteurs ont soigneusement choisi cet emplacement enclavé entre des quartiers difficiles, une rocade d’autoroute et constitué de quelques parcelles agricoles d’agriculture intensive. Un mode d’exploitation caractérisé par l’usage de pesticides et de la monoculture, qui a conduit le cabinet d’étude indépendant « Écosystème » à qualifier la zone de « naturalité faible ».

A contrario, les promoteurs d’Europacity promettent l’installation d’une ferme biologique de 10 hectares qui alimentera les restaurants du site en circuits courts, des espaces verts et surtout l’introduction sur le site de la faune et de la flore locale, en coopération avec les parcs naturels de la région. Qui dit mieux ?

La posture politique écologiste consistant à s’opposer systématiquement au moindre projet et à la moindre innovation est une véritable peur irrationnelle du progrès. Et comme ici dans le nord de Paris, c’est la protection de l’environnement qui en pâtit.

Un décalage entre le discours militant et les enjeux environnementaux qui réapparaît régulièrement, sur des sujets comme l’énergie nucléaire ou la chasse. Le parti Europe Écologie les Verts et la galaxie de mouvements qui gravitent autour se sont toujours mobilisés contre ces deux sujets, qui représentent pourtant des solutions efficaces aux défis énergétiques ou à la protection de la biodiversité.

Ainsi, si le choix de l’énergie nucléaire n’est pas sans défauts, il demeure la seule source d’énergie (avec les barrages) qui soit efficace, stable et décarbonée. C’est un fait scientifique, la réduction de la production de gaz à effet de serre dans les prochaines années ne pourra donc pas se faire sans l’atome. Une option d’autant plus pertinente que des progrès considérables ont été faits ces dernières années sur la gestion des déchets nucléaires. Pour la chasse, les études abondent sur l’effet bénéfique des chasseurs sur les espaces naturels : leur connaissance de l’environnement permet de surveiller de près les évolutions d’un milieu naturel et la chasse permet de réguler les populations animales et d’équilibrer la faune et la flore.

En somme, les exemples illustrant une écologie déconnectée des solutions concrètes pour la protection de l’environnement abondent. Les discours alarmistes, déclinistes, anticapitalistes et de plus en plus antispécistes irriguent les mouvements politiques de l’écologie en France, les empêchant de proposer ou de soutenir des solutions pragmatiques, modérées et efficaces pour la défense de la faune et de la flore ou pour la transition énergétique.

Alors que la mouche militante écologiste continue de s’agiter inutilement, s’opposant à des solutions et proposant des utopies, la France entame en douceur et très concrètement une transition pour changer son modèle de société.

 

 

 

 

 

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